Anglade ne veut pas rouvrir l'entente

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La ministre Dominique Anglade, qui accompagnait le premier ministre Couillard lors d'un point de presse, affirme qu'elle ne rouvrira pas l'entente qui a permis au gouvernement d'investir 1,3 milliard dans le programme de la CSerie de Bombardier.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

MONTRÉAL - Aussitôt remise, la pétition signée par quelque 34 000 personnes demandant à Québec de revoir les modalités de l'investissement de 1,3 milliard $ de l'État québécois dans la CSeries de Bombardier a reçu une fin de non-recevoir de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade.

« Ce n'est pas du tout dans les plans », a-t-elle affirmé, lundi, lors de son passage au Palais des congrès de Montréal pour une annonce à caractère économique, après qu'Amir Khadir, de Québec solidaire, lui eut remis en mains propres la pétition.

Initialement, le député de Mercier s'était rendu au bureau de circonscription de la ministre, mais puisque celle-ci n'y était pas, il a décidé de se rendre au Palais des congrès.

Reconnaissant que des gens étaient toujours « indignés », Mme Anglade a affirmé qu'il ne fallait pas étirer davantage cette affaire.

« Les Québécois ne verseront pas de primes aux dirigeants de Bombardier tant et aussi longtemps qu'ils ne feront pas d'argent (avec la CSeries) », a-t-elle dit au cours d'une mêlée de presse.

Plusieurs ont jugé que le montant global de 32,6 millions $ US octroyé aux six plus hauts dirigeants de Bombardier était indécent, alors que Québec a investi dans la CSeries et que le gouvernement Trudeau vient de consentir un prêt de 372,5 millions $. Cette hausse d'environ 50 % s'expliquait notamment par le fait que certains patrons avaient été embauchés à des moments différents en 2015 et qu'ils n'avaient donc pas été rémunérés pour l'ensemble de l'année.

Le tollé avait d'abord incité le président directeur du conseil, Pierre Beaudoin, à renoncer à son augmentation. Puis, dans la tourmente, Bombardier avait décidé de reporter d'un an le versement des paiements aux dirigeants en les rendant conditionnels à l'atteinte des objectifs du plan de redressement de la compagnie dont la réalisation est prévue pour 2020.

Pour sa part, M. Khadir a dit avoir senti « une écoute » de la part de Mme Anglade, estimant que la ministre avait été initialement plus critique à l'égard de la multinationale par rapport au premier ministre Philippe Couillard.

« Elle n'a pas refusé de me parler même si elle savait de quoi il en retournait, a affirmé le député de Québec solidaire. Je crois qu'il y a un élément sur lequel il faut miser. »

Même si le gouvernement ne compte pas rouvrir son entente avec Bombardier afin d'encadrer la rémunération des patrons de la société, M. Khadir a dit croire que la pression populaire pourrait finir par avoir raison.

« Ça été très long avant de convaincre M. (Jean) Charest de déclencher une commission d'enquête sur (les malversations dans l'industrie de) la construction, a-t-il rappelé. Il a fallu revenir à la charge, mais nous avons fini par réussir. »

Par ailleurs, après la fermeture des marchés, Bombardier a déposé un document auprès des autorités réglementaires afin de confirmer à ses actionnaires les changements préalablement annoncés à la rémunération de ses hauts dirigeants.

En vue de l'assemblée annuelle du 11 mai, la multinationale a fait savoir que chaque proposition avait été « acceptée et approuvée » par son conseil d'administration.

À la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier a terminé la séance à 2,22 $, en hausse de 10 cents, ou 4,72 %.




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