Temps des sucres: une récolte dans la moyenne

À la Ferme Proulx de Cumberland, qui exploite... (Martin Brunette, Le Droit)

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À la Ferme Proulx de Cumberland, qui exploite 1500 érables, environ 1200 litres de sève avaient été récoltés en date du 1er avril, un recul de 20% comparativement à la saison dernière.

Martin Brunette, Le Droit

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Après une saison des sucres fructueuse l'an dernier, les producteurs de sirop d'érable de l'Est ontarien et de l'Outaouais font état d'une récolte un peu moins abondante cette année.

De fait, la saison a débuté plus tôt qu'à l'habitude pour plusieurs producteurs. Chez l'entreprise acéricole La cabane Des Gars, à Fournier, les arbres ont été entaillés aux alentours du 10 février et l'on a commencé à bouillir l'eau d'érable dès le 1er mars. 

« Nous avons commencé très tôt cette année. Je dirais même que nous avons récolté tout près de 20 % de notre production totale en février. En fait de quantité jusqu'à présent, c'est environ la moitié du total de l'an passé », indique Jean-Marc Levac, copropriétaire de La cabane Des Gars qui exploite plus de 13 000 entailles. 

Au mois de mars toutefois, la production a été abruptement freinée en raison d'une baisse importante des températures. La sève n'a pas coulé pendant un peu plus de dix jours.

« Durant le mois de mars, nous n'avons bouilli qu'une journée à deux par semaine. Avec le redoux qu'on a présentement, la production a repris. On s'attend malgré tout à une petite production légèrement en deçà de la normale », d'ajouter M. Levac. 

La Ferme Proulx de Cumberland, qui exploite 1500 érables, soit 3000 entailles, présente un bilan similaire. La première sève d'érable a été récoltée dès le 20 février, ce qui est très rare selon Nicolas Simard, gérant de la production. 

« Je dirais que c'est ce qui a aidé dans la production cette année. On a une saison ordinaire, contrairement à l'année passée. On a quand même produit dans notre moyenne », a indiqué M. Simard. 

En date du 1er avril, environ 1200 litres ont été récoltés à la Ferme Proulx comparativement à environ 1500 litres l'an dernier à pareille date. Avec le réchauffement prévu la semaine prochaine, les producteurs s'attendent également à une fin de récolte avec l'apparition des bourgeons. 

« L'an dernier, la récolte s'était terminée le 13 avril. On prévoit encore terminer dans ces environs-là. On peut quand même dire qu'on a produit dans notre moyenne », a précisé Nicolas Simard.

De plus en plus de surprises

Du côté québécois, la situation est comparable lorsqu'on sonde les acériculteurs. Le cas de Raymond Beauchamp, copropriétaire de l'érablière La Coulée sucrée, à Saint-André-Avellin, démontre bien les défis auxquels doivent faire face les producteurs. 

M. Beauchamp parle d'une « récolte très ordinaire » pour 2017. Avec ses huit sites et ses 24 000 entailles, il est habitué de mettre en canne entre 4000 et 5000 gallons de sirop d'érable par année.

« Tout le mois de mars a été gelé ou à peu près et nous n'avons pas de gel en avril. Il y a eu une semaine de récolte à la fin février où certains producteurs ont pu en profiter, mais moi je n'étais pas prêt. C'est très moyen dans mon cas. Je suis à 60 % de ce qu'on avait récolté l'an passé », raconte l'acériculteur qui aurait besoin encore de sept ou huit journées de bonnes coulées pour atteindre son seuil de rentabilité. 

Depuis 20 ans, dit M. Beauchamp, le contexte météo apporte son lot de surprises chez les producteurs de sirop d'érable. Celui-ci attribue le phénomène aux changements climatiques. 

« Les écarts de température entre le jour et la nuit sont de plus en plus impressionnants et fréquents. On peut encore avoir de bonnes saisons, mais on ne peut pas rien manquer », lance-t-il.

Malgré ces soubresauts au thermomètre, la production acéricole est pourtant en très bonne santé à l'échelle nationale. Celle-ci a augmenté de 36,5 % en 2016 par rapport à 2015 pour atteindre 12,2 millions de gallons, selon les chiffres de Statistiques Canada. C'est le Québec qui a généré l'an dernier plus de 90 % de la production totale canadienne, avec 11,2 millions de gallons.

Avec Benoit Sabourin




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