Les apiculteurs blâment la dilution des produits importés

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L'an dernier, 6,6 millions de kilos de miel ont été importés au pays, contre 2,8 millions de kilos cinq ans plus tôt.

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La Presse Canadienne

Fils d'apiculteur, Grant Hicks travaille au sein du secteur du miel depuis plus de trente ans. Il est à la tête d'une entreprise multigénérationnelle dotée de 11 000 ruches, qu'il dirige avec ses deux garçons.

M. Hicks signale que la chute de la valeur de ce secteur - qui a dégringolé de 53 millions $ l'an dernier - met en péril sa ferme familiale.

Or, cette situation est exacerbée par l'importation de produits dilués et à bas prix, dénonce-t-il.

Plusieurs membres de ce secteur croient que certains produits importés comportent d'autres édulcorants et sont vendus au rabais en tant qu'ingrédient pour les céréales, les barres granolas et d'autres aliments.

Un tel stratagème permettrait aux entreprises d'épargner d'importantes sommes d'argent en cessant d'acheter le miel local, croit Grant Hicks.

Pour la première fois depuis 2011, la valeur du miel s'est effritée au Canada, passant de 210 à 158 millions $ de 2015 à 2016.

L'an dernier, 6,6 millions de kilos de miel ont été importés au pays, contre 2,8 millions de kilos cinq ans plus tôt.

Le président du Conseil canadien du miel, Kevin Nixon, fait lui aussi état des répercussions du miel «falsifié».

Norberto Garcia, de l'Organisation internationale des exportateurs de miel, souligne pour sa part que ce problème s'étend au-delà du Canada

Le Conseil canadien du miel exhorte le gouvernement fédéral à resserrer l'inspection des importations de miel. M. Nixon réclame des tests par résonance magnétique nucléaire (RMN) pour identifier la composition de l'édulcorant et son origine, de même que pour cerner les caractéristiques du miel local à titre de comparaison.

La porte-parole de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), Lisa Murphy, soutient que le miel y est échantillonné de manière prioritaire depuis 1988.

D'avril 2013 à janvier 2017, l'ACIA a analysé 266 échantillons de miel importé, dit-elle. Quelque sept pour cent de ces échantillons comprenaient du sucre ou du sirop ajouté.

MM. Garcia et Nixon arguent que les producteurs qui diluent le miel ont appris à berner la méthode d'analyse par rapport isotopique employée par l'Agence.

L'ACIA dit néanmoins vouloir augmenter l'échantillonnage de miel dans l'année à venir.

Du côté du Conseil canadien du miel, Kevin Nixon fait était d'une certaine déception face à la réponse d'Ottawa.




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