Un jour «historique» pour l'économie du Pontiac

Le député de Pontiac, André Fortin, estime que... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Le député de Pontiac, André Fortin, estime que cette annonce gouvernementale va inévitablement permettre à la MRC de proposérer à court, moyen ou long terme.

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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Aux prises avec un marasme socio-économique depuis nombre d'années, la MRC de Pontiac pourrait bien commencer à apercevoir de la lumière au bout du tunnel. Québec a annoncé lundi la mise en place d'un groupe tactique d'intervention (GTI) dont l'objectif premier sera de stimuler le développement économique de ce secteur de l'ouest de l'Outaouais qui se classe au 102e rang sur 104 MRC au Québec pour sa vitalité économique.

Si le député André Fortin parle du 6 mars 2017 comme d'un «jour historique», le préfet de la MRC de Pontiac, Raymond Durocher, lui, affirme «qu'il a longtemps eu l'impression que la MRC était considérée dans la ligue junior, mais qu'elle vient de faire son entrée dans la ligue senior».

Chapeauté par la Direction régionale du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, qui en assurera la mise en place et la coordination, le projet réunira gens d'affaires, élus locaux, intervenants du milieu économique ainsi que différents ministères (dont l'Emploi, les Forêts et les Ressources naturelles) et organismes du gouvernement provincial

C'est la seconde fois en moins d'un an que Québec prend le taureau par les cornes afin de pour stimuler l'économie d'une région particulière. Un tel groupe a aussi été mis en place en mai 2016 dans la MRC Maria-Chapdelaine, au Saguenay Lac-Saint-Jean, en mai 2016.

Le GTI, dont la première rencontre doit avoir lieu d'ici la fin mars, vise entre autres à accélérer le traitement de projets d'investissement par la réalisation de propositions préliminaires d'ordre financier et technique à l'investisseur ainsi que l'octroi de propositions officielles aux investisseurs.

Celui-ci travaillera de concert avec les agents de développement économique de la MRC et de la SADC Pontiac, qui leur proposeront ensuite des projets structurants dans les cinq créneaux d'excellence du plan de développement stratégique Vision Pontiac 2020.

Pour le préfet Raymond Durocher, qui répétait sans cesse depuis plusieurs années que le statu quo n'était nullement une option et que l'avenir socio-économique du Pontiac est intimement lié à celui du reste de la région, le geste posé par le gouvernement prouve que le travail sans relâche des dernières années en valait la chandelle. Et surtout, que quelqu'un l'a enfin écouté.

«C'est une excellente nouvelle, tout le monde est enthousiaste. On ne pouvait pas s'en sortir seuls et on allait toucher le fond du baril, alors il ne restait qu'une chose à faire: se lever la tête et regarder la lumière. Là, les acteurs locaux veulent se réunir autour de la même table et mettre l'épaule à la roue. La balle est dans notre camp», s'exclame M. Durocher, disant aussi espérer une aide éventuelle du fédéral.

Se décrivant comme un éternel optimiste, le maire de Fort-Coulonge croit que des initiatives comme le Centre de valorisation de la biomasse, qui pourrait créer des centaines d'emplois, ne pourront maintenant qu'avancer. Le projet écologique utiliserait la totalité des arbres coupés pour les recycler en sucres commerciaux ou en granules de bois énergétiques. Des pourparlers avec des investisseurs sont toujours en cours à ce sujet.

«Ce n'est plus le Pontiac qui se déplace a Québec, c'est Québec qui se déplace pour discuter avec nous et nous aider. C'est un raccourci», dit-il, estimant que le GTI pourrait bien être une répercussion positive du projet de loi 122 sur l'autonomie municipale.

Le député de Pontiac, André Fortin, qui avait lui-même proposé au gouvernement qu'une telle action soit posée dans la MRC afin de permettre sa relance économique, avoue qu'il a senti pour la première fois depuis très longtemps un enthousiasme évident dans la communauté lors de l'annonce.

«C'est majeur, ce n'est pas quelque chose que le gouvernement fait tous les jours. Mais on a constaté les impacts positifs qu'a eu un exercice similaire au Saguenay, alors il y avait de l'ouverture pour répéter l'expérience. On me dit que de nouvelles entreprises ont été attirées là-bas, que le processus d'aide gouvernementale a été accéléré pour certains projets, etc. J'ai bon espoir que ce sera un exercice profitable», lance-t-il.

Conscient que les choses ne pourront pas changer drastiquement du jour au lendemain, l'élu ne cache pas que le lancement d'un tel processus vient avec une obligation de résultats concrets à court, moyen ou long terme.

«Je pense qu'un tel modèle aurait pu être lancé il y a 10 ou même 20 ans», dit-il, refusant de s'avancer à savoir s'il joue sa réélection en 2018 avec la réussite ou non du projet.

Il faut dire que le portrait n'est guère reluisant. Le revenu disponible par habitant dans la MRC de Pontiac avoisine les 25 000$, l'un des plus faibles à travers la Belle Province. Frappée de plein fouet par la crise forestière il  y a une décennie, la MRC compte à peine 14 000 âmes et présente le troisième pire taux de travailleurs (63%), tout juste derrière deux MRC de la Gaspésie.




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