Ratification du traité Canada-UE: un signal aux protectionnistes

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Le premier ministre prononcera jeudi un discours devant les eurodéputés et saisira l'occasion pour vanter les vertus de l'entente, qui unira quelque 35 millions de consommateurs canadiens à environ 500 millions d'Européens.

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Le Canada et l'Union européenne envoient aux voix protectionnistes qui s'élèvent dans plusieurs pays occidentaux un puissant message avec la ratification, par les autorités européennes, du traité de libre-échange, juge le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Le Parlement européen a approuvé mercredi l'Accord économique commercial et global (AÉCG). Après trois heures de débats et des années de négociations, 408 parlementaires européens ont voté pour l'accord, 254 ont voté contre, tandis que 33 se sont abstenus.

Le ministre Champagne, qui était sur place à Strasbourg, en France, pour assister au vote, s'est réjoui de l'adoption du traité, qui venait d'ailleurs d'être approuvé la veille en troisième lecture par Parlement canadien.

« C'est le bon accord au bon moment. Je pense qu'aujourd'hui, on a démontré que la voix du commerce ouvert, la voix du commerce inclusif, existe, et qu'elle est forte », a-t-il plaidé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Et je pense que ceux qui lèvent les boucliers du protectionnisme seront confrontés à des choix difficiles, parce que cet accord favorise la croissance et les emplois », a fait valoir François-Philippe Champagne.

Le ministre sera bientôt rejoint à Strasbourg par Justin Trudeau. Le premier ministre prononcera jeudi un discours devant les eurodéputés et saisira l'occasion pour vanter les vertus de l'AÉCG, qui unira quelque 35 millions de consommateurs canadiens à environ 500 millions d'Européens.

Plus précisément, il « soulignera l'engagement commun du Canada et de l'Union européenne à l'égard d'échanges commerciaux progressifs et exclusifs et y présentera les avantages de l'accord, tant pour les Canadiens que pour les Européens », a indiqué son bureau.

Le long processus d'adoption du pacte commercial n'est pas encore tout à fait terminé, son entrée en vigueur intégrale nécessitant l'approbation des 38 Parlements nationaux et régionaux de l'Union européenne.

Et avec la montée des partis populistes en Europe, ce n'est pas gagné d'avance. En France, la leader du Front national, Marine Le Pen, y est opposée, et il faudra aussi surveiller ce qui se passe du côté des Pays-Bas, qui pourraient organiser un référendum sur la question.

« Pour les pays comme ça (...) on doit arriver de façon assez rapide à montrer d'un côté et de l'autre de l'océan des histoires de succès, des petites et moyennes entreprises qui n'avaient pas accès à un certain marché et qui aujourd'hui l'ont », a soutenu le ministre Champagne.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a évoqué une « étape importante » et dit que « les entreprises et les citoyens de l'Union européenne commenceront à récolter les bienfaits de cette entente dès que possible ».

Si tout se déroule comme prévu, le Sénat du Canada approuvera l'AÉCG au printemps. Dès lors, le traité entrera en vigueur de manière provisoire, et environ 98 % des tarifs existants seront éliminés, selon le gouvernement canadien.

Les inquiétudes sont encore vives quant à l'impact que l'entente aura sur l'industrie laitière et fromagère au pays. Pour aider les producteurs à composer avec l'arrivée de 17 700 tonnes de fromages européens, Ottawa a concocté un plan de compensation de 350 millions $.

Cette indemnisation est jugée insuffisante par certains représentants de l'industrie au Québec, en particulier du côté des producteurs de fromages artisanaux.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois partagent le même avis.

De l'autre côté de l'Atlantique, les détracteurs du pacte craignent notamment que celui-ci ne nuise aux normes de sécurité alimentaire ou aux droits des travailleurs.




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