La gestion de l'offre doit cesser d'être une monnaie d'échange, dit Agropur

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Depuis quelques années déjà, Agropur a fait part de ses préoccupations quant à l'avenir de la gestion de l'offre.

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La Presse Canadienne

Au moment où une renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) est évoquée par le président américain Donald Trump, le gouvernement Trudeau ne doit pas se servir du système de la gestion de l'offre comme «monnaie d'échange», estime la coopérative laitière Agropur.

Sa haute direction croit que le système régissant les productions de lait, d'oeufs et de volailles au pays a déjà fait les frais de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne (UE) ainsi que du Partenariat transpacifique - dont l'avenir semble nébuleux en raison de l'acte de retrait signé par M. Trump peu après son arrivée à la Maison-Blanche.

«Notre gouvernement dit haut et fort qu'il soutient la gestion de l'offre et je ne doute pas de ses intentions, a dit jeudi le président d'Agropur, Serge Riendeau, qui présidait sa 15e et dernière assemblée générale, à Montréal. Malgré cette affirmation, dans des négociations antérieures, on a ouvert l'accès à notre marché. Si on veut être conséquent avec ce que l'on dit, il faut poser les gestes qui viennent avec.»

Ces commentaires de M. Riendeau surviennent à quelques jours de la première rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et M. Trump, prévue lundi, à Washington. Un document récemment produit par le gouvernement américain laisse croire qu'il pourrait vouloir aborder le dossier des produits laitiers advenant une renégociation de l'ALÉNA étant donné que l'accès au marché canadien est restreint pour les producteurs américains.

Depuis quelques années déjà, Agropur a fait part de ses préoccupations quant à l'avenir de la gestion de l'offre. En 2015, la coopérative avait retenu les services du cabinet Boston Consulting Group (BCG) pour réaliser une étude qui suggérait entre autres que l'abolition intégrale du système canadien menacerait 40 pour cent de la production laitière réalisée au pays.

À l'occasion de sa 78e assemblée annuelle, la coopérative propriétaire de marques comme le fromage d'Oka, le lait Natrel et le yogourt iögo avait également préparé un document résumant les impacts de la gestion de l'offre sur l'industrie laitière canadienne.

«Nous comprenons que le Canada (doit élaborer) sa stratégie de négociation, a dit M. Riendeau lorsque questionné sur ses attentes à l'égard du gouvernement Trudeau en vue d'une renégociation de l'ALÉNA. Peut-être que toutes les intentions ne sont pas bonnes à mettre sur la table avant de commencer à discuter.»

À ses côtés, le chef de la direction, Robert Coallier, a affirmé qu'il entrevoyait l'année 2017 d'un bon oeil malgré l'incertitude provoquée par l'arrivée de M. Trump et le processus de ratification de l'accord de libre-échange avec l'UE, qui se traduira par l'arrivée de 17 700 tonnes supplémentaires de fromages.

La situation actuelle n'empêchera pas Agropur de continuer à investir et effectuer des acquisitions au Canada ainsi qu'aux États-Unis, qui représentent désormais 44 pour cent des recettes totales de la coopérative exploitant 39 usines en plus de compter 8000 employés des deux côtés de la frontière.

«Par exemple, dans le cadre de l'accord entre le Canada et l'UE, nous avons effectué des investissements avant la conclusion de l'entente, a expliqué M. Coallier. Nous n'avons pas l'intention de donner notre territoire.»

Par ailleurs, après deux années de déclin, les ristournes versées aux 3345 membres sont reparties à la hausse l'an dernier pour atteindre 60,1 millions $, ce qui constitue une augmentation de 48 pour cent.

L'excédent net avant impôts et ristournes s'est chiffré à 154 millions $, en hausse de 75,3 pour cent, alors que le bénéfice d'exploitation ajusté a bondi de 34,6 pour cent, à 411,7 millions $.

«C'est rare que cela arrive, mais tout a pas mal bien fonctionné cette année», a analysé M. Coallier en commentant l'année 2016, où Agropur n'a pas réalisé d'acquisition, contrairement aux années antérieures.

La croissance a toutefois été moins marquée du côté du chiffre d'affaires, qui n'a enregistré qu'une faible progression pour s'établir à 6 milliards $.

Selon M. Coallier, une baisse du prix des ingrédients, une augmentation des volumes et des réductions de coûts de 41 millions $ - sur un objectif de 100 millions $ sur trois ans - expliquent les bons résultats de 2016 malgré la stabilité des ventes.

L'identité du successeur de M. Riendeau, qui occupe la présidence d'Agropur depuis 2002, sera connue vendredi, à la suite du choix effectué par le conseil d'administration de la coopérative.

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