Le PDG d'Hydro-Québec magasine d'éventuelles acquisitions à l'international

«C'est important pour moi de demeurer au courant... (Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

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«C'est important pour moi de demeurer au courant de ce qui se passe, affirme Éric Martel. Ailleurs dans le monde, certaines sociétés sont dans des situations financières plus précaires et veulent vendre certains actifs. Le Forum est un bon endroit pour en discuter et on m'en a parlé.»

Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil

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Julien Arseneault
La Presse Canadienne
Davos, Suisse

En raison de ses ambitions de voir Hydro-Québec retourner à l'international, le passage de son président-directeur général, Éric Martel, au Forum économique mondial de Davos, se déroule dans un contexte un peu plus particulier cette année.

Bien qu'il ait participé à des ateliers sur les thèmes de l'énergie ainsi que des nouvelles technologies, celui-ci profite de ce rendez-vous international qui se déroule au coeur des Alpes suisses pour discuter d'éventuelles acquisitions en coulisses.

«Je suis dans le bon centre d'achat, a lancé M. Martel, au cours d'un entretien avec La Presse canadienne. C'est efficace. Disons que Davos est un peu comme un gros centre d'achat avec beaucoup de magasins.»

L'an dernier, le grand patron de la société d'État - nommé en juin 2015 - a lancé un message clair qu'il souhaitait miser sur les acquisitions à l'étranger dans le cadre de sa stratégie visant à doubler les revenus, à environ 27 milliards $, d'ici 2030.

Hydro-Québec se fixe cet objectif parce qu'elle est confrontée à une baisse de ses bénéfices d'ici 2020 sans plan de croissance, notamment en raison du début de l'amortissement du projet La Romaine, sur la Côte-Nord, ainsi qu'en raison des faibles prix sur les marchés d'exportation.

«C'est important pour moi de demeurer au courant de ce qui se passe, affirme M. Martel. Ailleurs dans le monde, certaines sociétés sont dans des situations financières plus précaires et veulent vendre certains actifs. Le Forum est un bon endroit pour en discuter et on m'en a parlé.»

Hydro-Québec envisage différentes options, comme prendre des participations dans des projets ou acheter des actifs comme, par exemple, un réseau de transport d'électricité qui serait remis à niveau avant d'être exploité.

L'an dernier, la société d'État est passée bien près de mettre la main sur une participation de 49 pour cent du Réseau de transport d'électricité que désirait vendre son propriétaire, Électricité de France.

Même s'il se dit optimiste de réaliser une transaction dans la prochaine année, M. Martel préfère, pour le moment, jouer la carte de la patience.

«Honnêtement, des acquisitions, on aurait pu en faire l'an dernier, confie-t-il. Mais nos critères sont élevés. Après des vérifications approfondies, nous nous sommes retirés de certains dossiers, pour une multitude de raisons.»

Le président-directeur général de la société d'État ne s'en cache pas: une acquisition qui viendrait gonfler les profits serait accueillie avec une bouffée d'air frais puisque d'ici 2020, la pression sur les résultats sera «énorme».

«Les prix sur les marchés sont bas et vont le demeurer, affirme M. Martel. Lorsque nous pourrons compter sur de nouvelles lignes d'exportation dans quelques années, la situation changera. Mais dans les cinq prochaines années, ça va être un défi colossal de maintenir notre profitabilité actuelle.»

En 2015, Hydro-Québec a versé un dividende de 2,36 milliards $ dans les coffres du gouvernement du Québec.

Nouvelles technologies

Dans le cadre de ses discussions, M. Martel a également pris le pouls sur les effets de l'efficacité énergétique et l'implantation de nouvelles technologies ailleurs dans le monde.

Par exemple, les gens qui décident d'installer des panneaux photovoltaïques - afin de produire de l'énergie à partir du rayonnement solaire - sur le toit de leur maison deviennent plus autonomes, ce qui force les sociétés comme Hydro-Québec à s'adapter.

«Nous avons les tarifs d'électricité les plus bas en Amérique du Nord, rappelle M. Martel. Cela fait en sorte que la motivation des Québécois à se tourner vers de nouvelles sources d'énergie est moins grande qu'ailleurs dans le monde.»

Néanmoins, le grand patron de la société d'État refuse de se mettre la «tête dans le sable», sachant très bien que ce phénomène finira par arriver au Québec.

Déjà, depuis 2003, l'équivalent de 8 à 9 térawattheures - soit l'équivalent de la production de La Romaine - a été «économisé» en raison des progrès réalisés en matière d'efficacité énergétique, a fait valoir M. Martel.

«Il faut faire tenir compte du phénomène et faire attention pour ne pas ajouter trop de capacité de production», affirme-t-il.

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