L'emploi américain en demi-teinte pour refermer l'ère Obama

WASHINGTON - Créations d'emplois décevantes et taux de chômage en hausse: le... (Archives, Associated Press)

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Agence France-Presse

WASHINGTON - Créations d'emplois décevantes et taux de chômage en hausse: le marché du travail américain s'est légèrement essoufflé en décembre, refermant l'ère Barack Obama sur une note en demi-teinte même si les salaires ont connu un coup de fouet.

Pendant le dernier mois de 2016, les États-Unis ont créé 156 000 emplois de plus qu'ils n'en ont détruits, marquant une nette décélération par rapport à un mois de novembre dynamique, selon les données publiées vendredi par le département du Travail.

Ces chiffres, qui ont déçu les analystes, s'accompagnent par ailleurs d'une légère remontée du taux de chômage (4,7%, +0,1 point), même s'il reste à son plus bas niveau depuis neuf ans, et d'une hausse du nombre de chômeurs.

En décembre, 120 000 personnes sont venues grossir les rangs des demandeurs d'emplois qui sont désormais 7,5 millions aux États-Unis.

Mitigés sur le papier, ces chiffres ont toutefois été salués par les experts y voient le signe d'un ralentissement logique - et bienvenu - du marché du travail en période de plein emploi.

Ils témoignent également du chemin parcouru par l'économie américaine pendant le double mandat de Barack Obama, qui s'apprête à confier les clés de la Maison-Blanche à Donald Trump le 20 janvier.

A l'arrivée au pouvoir du président démocrate en janvier 2009, les États-Unis comptaient plus de 12 millions de demandeurs d'emploi et le taux de chômage s'établissait à 7,9%, grimpant même à 10% quelques mois plus tard sous l'effet de la crise financière.

Commentant ce nouveau rapport vendredi, la Maison Blanche a d'ailleurs affirmé dans un communiqué que les États-Unis traversaient le «plus long cycle» de créations d'emplois de leur histoire.

«L'économie américaine est plus forte, plus résistante et mieux préparée pour le XXIe siècle que jamais auparavant», a assuré le conseiller économique en chef de la Maison-Blanche, Jason Furman, dans un communiqué.

L'administration Obama a également pu se réjouir vendredi d'une hausse de 2,9% du salaire horaire moyen en 2016, une poussée sans précédent depuis sept ans. Sur le seul mois de décembre, il a gagné 10% s'établir à 26,90 dollars.

Jusqu'à présent, la reprise économique aux États-Unis s'accompagnait d'une quasi-stagnation des salaires en dépit de la décrue du chômage, suscitant l'incompréhension des experts.

Rebond manufacturier

Autre bonne nouvelle, le secteur manufacturier - une des priorités affichées du président élu Donald Trump - a retrouvé des couleurs, créant 17 000 emplois en décembre après deux mois dans le rouge.

«La hausse montre qu'une plus grande croissance de l'emploi manufacturier est possible, et avec les bonnes mesures, nous pouvons créer plus d'opportunités», a réagi Scott Paul, le patron du lobby Alliance for American Manufacturing, dans une allusion transparente aux promesses du futur président américain.

Donald Trump a conquis la Maison-Blanche en promettant de faire revenir aux États-Unis l'emploi manufacturier, décimé par les délocalisations et le progrès technique.

En décembre, les créations d'emplois ont également été dynamiques dans la santé (+43 000), dans les restaurants et débits de boissons (+30 000) et le secteur public (+12 000).

Plombé par la chute des cours énergétiques, le secteur extractif a en revanché détruit des emplois en décembre (-2000) tout comme le BTP (-3000).

Selon les analystes, ce nouveau rapport sur l'emploi devrait en tout cas pousser la Banque centrale américaine (Fed) à poursuivre - voire accélérer - le resserrement de sa politique monétaire afin d'éviter une surchauffe et un emballement de l'inflation liée aux salaires.

En décembre, la Fed avait relevé son taux directeur d'un quart de point, dans une fourchette entre 0,50 à 0,75%, signant seulement sa deuxième hausse en dix ans.

«Nous pensons que le chômage va continuer à baisser et que les gains d'emplois vont s'accélérer pendant l'année, accentuant la pression sur la Fed pour qu'elle poursuive son resserrement monétaire», assure Jim O'Sullivan, analyste chez High Frequency Economics.

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