L'entrée en poste de Trump, un test pour l'économie canadienne

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La chute du prix du pétrole aura grandement influencé l'économie canadienne en 2016.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne

C'est avec des ecchymoses et des cicatrices que l'économie canadienne achève 2016, une année durant laquelle elle a eu de la difficulté à s'ajuster à la baisse des prix du brut en plus de voir son secteur pétrolier paralysé par les incendies de forêt ayant ravagé l'Alberta.

En plus des défis persistants, un obstacle majeur pourrait également se dresser devant elle en 2017, avec l'incertitude économique découlant de l'élection du milliardaire Donald Trump aux États-Unis.

Même s'il faudra attendre avant de mesurer l'impact des gestes qui seront posés par le président désigné en matière d'imposition, de commerce et d'investissement, certaines décisions pourraient avoir des répercussions significatives pour le Canada.

Les responsables canadiens affirment tous qu'ils suivront la situation de près une fois que M. Trump s'installera officiellement à la Maison-Blanche, le 20 janvier.

Pour le moment, certains d'entre eux, comme le ministre fédéral des Finances Bill Morneau, préfèrent attendre avant de se prononcer.

«Les changements aux États-Unis vont certainement modifier l'environnement économique (mais) il est trop tôt pour avoir une idée des impacts», a-t-il affirmé récemment au cours d'une entrevue.

«Mais je peux vous assurer que nous nous affairons à comprendre les orientations de cette nouvelle administration pour montrer comment nous pouvons travailler pour à la fois stimuler leur croissance ainsi que la nôtre», a ajouté M. Morneau.

Par exemple, M. Trump désire abaisser le taux d'imposition de six pour cent pour les mieux nantis et de trois pour cent pour la classe moyenne.

Il a également promis de faire passer le taux d'imposition des entreprises, l'un des plus élevés dans le monde, de 39 à 15 pour cent. Un tel changement rendrait le taux américain bien inférieur à celui actuellement en vigueur au Canada, qui est d'environ 26 pour cent.

Dans le cadre d'une entrevue éditoriale avec La Presse canadienne, le premier ministre Justin Trudeau a été questionné sur les répercussions d'un tel changement sur ses efforts visant à attirer les investisseurs étrangers au pays.

«N'y allons pas avec les hypothèses, a-t-il répondu. Je ne vais pas réagir (aux politiques) d'une administration qui n'est pas encore en place.»

S'il concède que le taux d'imposition constitue un élément d'attractivité important, M. Trudeau affirme que d'autres éléments - comme une main-d'oeuvre instruite, une ouverture à l'immigration et la stabilité - incitent les investisseurs à choisir le Canada.

Advenant que M. Trump décide d'aller de l'avant avec ses politiques fiscales, il pourrait être plus difficile pour le Canada d'attirer des investisseurs étrangers ainsi que des travailleurs qualifiés, croit l'expert en fiscalité Jack Mintz, de l'Université de Calgary.

Le magnat de l'immobilier a également clairement fait savoir qu'il désirait des clauses de type Buy American dans le cadre de son plan visant à dépenser 1000 milliards $ dans les infrastructures, ce qui risque d'écarter de nombreuses entreprises canadiennes.

Pour ajouter à l'incertitude, M. Trump a également fait part de ses intentions de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Des experts estiment toutefois ces politiques favorables aux entreprises souhaitées par celui qui deviendra le 45e président des États-Unis pourraient aider le Canada.

Dan North, économiste principal chez Euler Hermes North America, estime que la confiance des entreprises américaines a grimpé depuis l'élection de M. Trump. Cela a incité la firme de services financiers à faire passer de 2,1 pour cent à 2,4 pour cent sa prévision de croissance pour l'économie américaine en 2017.

L'ex-gouverneur de la Banque du Canada David Dodge a aussi indiqué, au cours d'une entrevue récente, qu'il s'attendait à une croissance plus robuste aux États-Unis, ce qui pourrait être bénéfique pour le Canada à court terme.

Sur une échéance plus longue, toutefois, M. Dodge croit que le pays pourrait avoir de la difficulté à demeurer concurrentiel pour attirer des investissements.

«Il s'agit d'un défi important, je crois. C'est un problème malheureux avec lequel le ministre des Finances devra composer.»

En 2017, la Banque du Canada s'attend à ce que l'économie canadienne continue à s'ajuster aux prix du brut, qui devraient demeurer faibles, ainsi qu'à l'accélération de la croissance aux États-Unis, a expliqué son gouverneur, Stephen Poloz, dans le cadre de sa dernière conférence de presse de l'année.

M. Poloz n'avait pas voulu se prononcer sur l'effet que pourraient avoir sur le Canada les politiques mises de l'avant par M. Trump.

Après une année 2016 «exigeante», le gouverneur de la banque centrale avait fait preuve d'un optimisme prudent pour 2017.

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