La fermeture de la biscuiterie montréalaise de Mondelez serait «finale»

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Affirmant que c'est à son usine de Viau que ses coûts étaient les plus élevés, Mondelez a décidé de déplacer la production de marques de biscuits Christie comme Oreo, Ritz, Fins au blé et Premium Plus, dans ses cinq autres usines ailleurs au Canada.

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Julien Arseneault
La Presse Canadienne
Montréal

La décision prise par Mondelez de fermer d'ici l'an prochain son usine montréalaise de production de biscuits et de craquelins est «finale», affirme la multinationale, qui n'a jamais sollicité l'aide de l'État québécois.

C'est ce qu'a indiqué une porte-parole, Stephanie Cass, jeudi, au lendemain de l'annonce, en réponse à une question quant à la possibilité de voir l'entreprise se raviser si on lui offrait une aide gouvernementale pour modifier sa biscuiterie de la rue Viau, qui a ouvert ses portes en 1956.

«Au cours des prochains jours et prochaines semaines, nous allons nous asseoir avec nos représentants syndicaux afin discuter des indemnités de départ», a-t-elle indiqué, dans un échange de courriel.

À seulement quelques semaines de Noël, 454 employés ont appris mercredi qu'ils se retrouveraient au chômage d'ici la fin de 2017. Affirmant que c'est à son usine de Viau que ses coûts étaient les plus élevés, Mondelez a décidé de déplacer 95 pour cent de la production de marques de biscuits Christie comme Oreo, Ritz, Fins au blé et Premium Plus, dans son usine d'East York, dans la région de Toronto. Le reste du travail sera effectué à Portland, dans l'État américain de l'Oregon.

De son côté, le gouvernement Couillard dit n'avoir reçu aucune demande de la part de Mondelez pour la modernisation de son usine, ce qui, selon la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, laisse entendre que l'idée de la multinationale était déjà faite depuis un certain temps.

«Nous sommes très ouverts à regarder ce que l'on peut faire avec l'entreprise, mais je ne suis pas certaine que cela répondra à leurs besoins», a-t-elle expliqué au cours d'un entretien téléphonique.

Québec dit être en contact avec Mondelez et «toutes les pierres seront retournées», assure Mme Anglade, qui se dit également «réaliste», voulant éviter de créer de «faux espoirs».

Affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), les deux syndicats de l'usine se sont montrés ébranlés par cette fermeture surprise, écorchant au passage la façon de faire de la multinationale.

«Nous avons appris la nouvelle environ cinq minutes avant tout le monde», a déploré Sylvain Gagné, représentant du Syndicat des travailleurs de la boulangerie, confiserie, tabac et meunerie, qui représente environ 330 employés.

«On ne s'y attendait pas et nous n'avons pas pu préparer nos membres», a-t-il ajouté.

À son avis, une ligne de production des biscuits Oreo sera démantelée dès le début du mois de janvier, ce qui entraînera plus de 80 licenciements.

Pour sa part, le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), Dave Chartrand, a surtout critiqué l'entêtement du géant alimentaire à ne pas vouloir s'asseoir avec les employés pour trouver une solution.

À son avis, cela compromet les chances de sauvetage de l'usine, qui, pour le moment, semblent nulles.

«Lorsqu'on ne donne aucun avis et que l'on prend une telle décision, c'est évident que ce n'est pas facile de se revirer de bord», a critiqué M. Chartrand, dont le syndicat représente 70 travailleurs.

Le coordonnateur québécois de l'AIMTA affirme que l'usine d'East York fonctionne déjà à «pleine capacité», ce qui, à son avis, incitera Mondelez à déplacer de la production à l'extérieur du Canada.

Les syndicats espèrent pouvoir y aller d'une «ultime tentative» pour éviter la fermeture de la biscuiterie dans le cadre de rencontres avec la partie patronale.

«Des indemnités de départ sont déjà prévues aux conventions collectives mais nous allons tenter d'obtenir des bonifications, a dit M. Gagné. Nous allons en parler à nos membres.»

Déçu de voir un joueur important du secteur agroalimentaire plier bagage, la Chambre de commerce de l'Est de Montréal a demandé une rencontre avec la direction de Mondelez. Le regroupement veut notamment s'assurer qu'il y aura un «accompagnement accru» pour aider les 454 employés qui perdront leur travail à se replacer ailleurs.

Mondelez est née de la scission de Kraft et son portefeuille compte notamment les gommes Dentyne et Trident ainsi que la marque de chocolat Toblerone.

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