L'exposition de la CIBC au marché hypothécaire inquiète des analystes

La Banque CIBC a augmenté son exposition au marché des hypothèques... (Archives, La Presse canadienne)

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Alexandra Posadzki
La Presse Canadienne
Toronto

La Banque CIBC a augmenté son exposition au marché des hypothèques résidentielles, ce qui soulève des craintes chez certains analystes, qui notent que cela se produit alors que le marché immobilier canadien pourrait connaître une correction.

Mais la banque a indiqué jeudi que son nombre de défaillances sur les prêts restait faible et stable, incluant pour celles qui touchent les marchés de Toronto et de Vancouver, qui sont particulièrement actifs.

Selon l'analyste Jim Shanahan, de la firme Edward Jones, le portefeuille de prêts hypothécaires non assurés et de prêts gagés sur un bien immobilier équivaut à 5,4 fois son capital réglementaire.

C'est davantage que l'an dernier, lorsque les prêts hypothécaires de la CIBC atteignaient 4,7 fois son capital réglementaire, a poursuivi M. Shanahan, ajoutant que la banque s'exposait ainsi à un plus grand risque que ses pairs en cas de correction.

Pour les quatre banques qui ont publié leurs résultats financiers pour le quatrième trimestre jusqu'à maintenant - la Banque Scotia (TSX:BNS), la Banque Royale (TSX:RY), la Banque CIBC (TSX:CM) et la Banque TD (TSX:TD) - ces prêts représentent en moyenne 3,3 fois leur capital réglementaire.

«Il est évident qu'elle est plus exposée à une forte réduction de la valeur du secteur immobilier au Canada que n'importe quelle autre grande banque», a affirmé M. Shanahan.

L'exposition de la banque aux prêts hypothécaires résidentiels est déjà «extraordinairement élevée», et le fait qu'elle continue à croître est alarmant, a fait valoir l'analyste.

«Elle a continué à ajouter une couche de risque alors que plusieurs signaux d'alarme se font entendre et que les autorités réglementaires émettent des inquiétudes.»

Ottawa a resserré les règles sur les prêts hypothécaires en octobre, dans l'espoir que les Canadiens ne contractent pas plus de dettes démesurée par rapport à leur capacité de remboursement.

Cette décision répondait aux inquiétudes croissantes face au niveau d'endettement des ménages, qui sont à des sommets records par rapport à leur revenu, ainsi qu'à la hausse des prix des logements, particulièrement à Toronto et à Vancouver.

Mais M. Shanahan n'est pas le seul analyste à s'inquiéter de l'exposition de la CIBC au marché hypothécaire non assuré.

La banque, qui a vu son bénéfice net du quatrième trimestre grimper de 20 pour cent à 931 millions $, a été bombardée de questions au sujet de ses prêts hypothécaires par les analystes, pendant une conférence téléphonique, jeudi, pour discuter de ses résultats.

La chef du risque de la CIBC, Laura Dottori-Attanasio, a indiqué que la vaste majorité des prêts hypothécaires non assurés de la banque avaient de solides évaluations de crédit et de faibles quotités de financement. Les prêts de faible valeur par rapport à celle du bien immobilier acheté sont typiquement considérés comme moins risqués.

«Nous sommes toujours très satisfaits de notre profil de crédit et de la qualité de notre portefeuille hypothécaire non assuré», a affirmé Mme Dottori-Attanasio lors de la conférence téléphonique.

David Williamson, responsable de la division des services bancaires des particuliers et des entreprises, s'est dit à l'aise avec l'exposition croissance de la banque au marché hypothécaire résidentiel en raison de la qualité de ce portefeuille, particulièrement à Toronto et à Vancouver.

«Si vous regardez la quotité de financement des hypothèques non assurées en Colombie-Britannique ces 12 derniers mois pour les quatre banques qui ont dévoilé leurs résultats jusqu'à maintenant, la nôtre est la plus faible», a précisé M. Williamson.

À la Banque TD, la valeur des prêts hypothécaires non assurés représente trois fois le capital réglementaire de la banque, a noté M. Shanahan. La TD a affiché jeudi un bénéfice net du quatrième trimestre en hausse de 25 pour cent à 2,3 milliards $.

L'exposition de la Banque Royale atteint 3,5 fois son capital réglementaire, tandis que celle de la Scotia est de 2,6 fois son capital réglementaire, en baisse par rapport à 3,1 fois l'an dernier.

La Banque de Montréal (TSX:BMO) dévoilera ses résultats financiers du quatrième trimestre mardi prochain.

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