Aléna: Leitao suggère d'y enchâsser le bois d'oeuvre

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«Nous avons nos priorités que nous aimerions renégocier et le bois d'oeuvre en fait certainement partie», a dit le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao.

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La Presse Canadienne

MONTRÉAL - Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, est lui aussi ouvert à une potentielle renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec l'administration Trump, et suggère même que certains dossiers, comme le bois d'oeuvre, y soient enchâssés.

En marge d'un rendez-vous annuel de l'Autorité des marchés financiers (AMF) à Montréal, lundi, M. Leitao a estimé qu'une reprise des pourparlers à cet effet serait l'occasion d'élargir la portée de certains aspects du traité ayant instauré une zone de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en 1994.

«Certaines choses ont été faites il y a une quinzaine d'années, a-t-il expliqué, au cours d'une mêlée de presse. De notre côté, si l'on allait de l'avant, ça serait pour intégrer des parties qui n'étaient pas incluses la dernière fois.»

Au cours de sa campagne électorale, président américain désigné Donald Trump a promis de renégocier l'Aléna et d'autres accords commerciaux. Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé la semaine dernière qu'Ottawa était ouvert à une renégociation.

Exclu de l'Accord, le bois d'oeuvre est une source de discorde entre le Canada et les États-Unis depuis plusieurs décennies. Les deux pays semblent se diriger vers une autre dispute commerciale à ce sujet puisqu'ils n'ont toujours pas été en mesure de renouveler l'entente venue à échéance en 2015.

«Nous avons nos priorités que nous aimerions renégocier et le bois d'oeuvre en fait certainement partie», a dit le ministre québécois des Finances.

Compte tenu du niveau d'intégration du système manufacturier nord-américain, M. Leitao a également estimé que l'administration Trump serait mal avisée d'ébranler cet équilibre en voulant revenir en arrière avec l'imposition de certaines barrières tarifaires à la frontière.

«Quand le futur gouvernement va commencer à se pencher sur ces éléments, il va se rendre compte que le système manufacturier nord-américain est très intégré, a-t-il souligné. Je ne pense pas que ça soit dans l'intérêt des États-Unis de défaire cette intégration.»

M. Leitao a rappelé que le président américain ne pouvait pas unilatéralement apporter des changements de la sorte, ajoutant que le Congrès à majorité républicaine était traditionnellement favorable au libre-échange.

Malgré l'incertitude provoquée par l'élection surprise de M. Trump, le ministre québécois des Finances a dit entrevoir l'avenir à court terme avec «optimisme», affirmant que l'économie américaine était en «bon état».

Par ailleurs, alors que la Cour d'appel du Québec vient de se pencher pour la deuxième fois sur la constitutionnalité d'une commission pancanadienne des valeurs mobilières, M. Leitao a dit s'attendre, dans son discours, à un jugement favorable pour le Québec.

En 2011, la Cour suprême du Canada avait tranché en faveur du Québec et de l'Alberta, qui contestaient les ambitions d'Ottawa. Dans un avis unanime, le plus haut tribunal du pays reconnaissait que le projet de loi fédéral était une intrusion dans le champ de compétence des provinces.

«Il est évident, à notre avis, que ce projet n'a d'autres objectifs que de s'immiscer dans un champ de compétence qui relève exclusivement des provinces», a rappelé le ministre des Finances en s'adressant aux gens dans la salle.

Puisque la Cour suprême a reconnu que rien n'empêchait le fédéral et les provinces d'«exercer harmonieusement leurs pouvoirs respectifs» dans le domaine des valeurs mobilières, Ottawa est revenu à la charge afin de créer une autorité canadienne des valeurs mobilières à laquelle les provinces seraient libres d'adhérer.

Déjà, au moins quatre provinces qui représentent 55 pour cent de la valeur du marché des capitaux au pays ont adhéré au projet, dont l'Ontario et la Colombie-Britannique.

La semaine dernière, dans une lettre ouverte, une quinzaine de signataires québécois provenant d'associations patronales et du milieu des affaires ont exhorté le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, à abandonner ce projet.

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