Standard and Poor's abaisse la cote de crédit de Bombardier

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En plus des retards dans le programme CSeries, la fabrication des avions d'affaires Global 5000 (photo) sera réduite.

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Julien Arseneault
La Presse Canadienne
Montréal

Préoccupée par la morosité du marché des avions d'affaires et par les nouveaux retards dans le programme de la CSeries, l'agence de notation Standard and Poor's a décidé de décoter Bombardier (TSX:BBD.B).

La cote de crédit du constructeur d'avions et de trains passe ainsi de «B» à «B-», avec une perspective stable, ce qui pourrait faire grimper ses coûts d'emprunt.

«Cette décision reflète la sensibilité accrue de Bombardier vis-à-vis ses marchés clés ainsi que des retards à l'égard de la CSeries», écrit l'analyste Aniki Saha-Yannopoulos, de Standard and Poor's, dans une note publiée vendredi.

Une autre agence, Fitch Ratings, s'est montrée moins sévère, maintenant la cote de crédit de Bombardier à «B», avec une perspective négative.

Bombardier livrera seulement sept avions CSeries à Swiss International Air Lines et Air Baltic au cours de la présente année - soit deux fois moins que la prévision initiale de 15 appareils - parce que le fabricant du moteur de l'appareil, Pratt & Whitney, connaît des pépins avec sa cadence de production.

L'analyste estime que les conditions de marché pourraient être pires que prévu pour la multinationale québécoise. De plus, de nouveaux retards liés à la CSeries pourraient venir accroître la pression sur les liquidités de la société.

De plus, elle ne s'attend pas à une amélioration notable de la situation financière de Bombardier - qui a reçu un investissement de 1 milliard $ US du gouvernement Couillard - avant 2018.

«La compagnie a inscrit une charge de 150 millions $ US liée aux retards de la CSeries», indique Mme Saha-Yannopoulos.

Par courriel, Bombardier a fait part de son désaccord avec l'opinion de Standard and Poor's, estimant que l'agence de notation «passait sous silence» les progrès réalisés par l'entreprise afin de réduire les risques associés à ses programmes en cours.

«La réalité, c'est que notre plan de redressement est en oeuvre, nous atteignons les jalons de nos programmes et nous avons adopté une approche proactive afin de faire face aux réalités du marché», fait valoir l'avionneur, dans un courriel.

En plus d'avoir abaissé ses prévisions en ce qui a trait aux livraisons de son nouvel avion commercial, Bombardier prévoit une baisse des activités dans son secteur des avions d'affaires.

À son centre de finition montréalais des Global 5000 et 6000, la société proposera des congés sans solde à ses quelque 1900 employés en raison d'une réduction temporaire des activités l'an prochain.

Les employés affectés aux programmes des avions d'affaires Challenger et Learjet ont également fait les frais du régime minceur décrété par Bombardier.

D'après l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), Bombardier prévoit une interruption de la production de ses jets d'affaires Challenger 350 et 650 dans ses usines montréalaises pour une période d'un mois.

À Wichita, dans l'État du Kansas, où sont construits les avions Learjet, on a également annoncé à des travailleurs qu'ils seraient transférés ou mis à pied.

«Nous pourrions abaisser de nouveau la cote de crédit de Bombardier si ses liquidités se retrouvent dans une situation plus faible que prévu», prévient Standard and Poor's.

Depuis qu'elle a abaissé ses prévisions de CSeries pour l'année, Bombardier a vu son action dégringoler de 25 pour cent, ou 53 cents, à la Bourse de Toronto, pour se négocier aux alentours de 1,60 $.

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