Énergie Est: au tour des Micmacs de s'inquiéter

L'oléoduc Énergie Est transporterait 1,1 million de barils... (Photothèque Le Soleil)

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L'oléoduc Énergie Est transporterait 1,1 million de barils de pétrole brut par jour des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'aux raffineries et au port de Saint-Jean.

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La Presse Canadienne
SAINT-JEAN, N.-B.

Les communautés micmaques du Nouveau-Brunswick se sont dites préoccupées, mercredi, par les violations de leurs droits ancestraux que pourrait entraîner la construction de l'oléoduc Énergie Est.

Le chef de la Première Nation Eel Ground, George Ginnish, a témoigné aux audiences publiques de l'Office national de l'énergie (ONÉ) sur le projet Énergie Est, qui se déroulent à Saint-Jean. Il s'exprimait au nom de neuf communautés micmaques de l'est et du nord du Nouveau-Brunswick.

Celles-ci s'inquiètent des conséquences environnementales qu'entraînerait le projet s'il se concrétise, notamment sur les bassins hydrauliques et les traverses de cours d'eau.

La pêche au saumon de l'Atlantique, une activité traditionnelle pratiquée par les Micmacs, pourrait aussi être touchée, a fait valoir M. Ginnish.

L'augmentation potentielle de navires pétroliers dans les eaux de la baie de Fundy est également source d'inquiétude. Ces embarcations serviraient à exporter le pétrole provenant de l'Ouest canadien. Après avoir été transportés par oléoduc, les hydrocarbures seraient entreposés dans un terminal côtier qui, selon les plans, doit être construit à Saint-Jean.

À moins qu'une attention particulière soit accordée à tous ces enjeux, les Micmacs s'opposeront à la construction de l'oléoduc, qui doit traverser leur territoire.

«Nous devons prendre en considération les répercussions que tout projet aura sur les sept prochaines générations. C'est notre devoir, par respect pour nos ancêtres», a dit George Ginnish.

Les instigateurs du projet ont indiqué qu'ils s'investissaient pleinement dans le processus actuel de consultation afin de répondre aux préoccupations des Premières Nations.

Le responsable des relations avec les Autochtones pour Énergie Est, Christian Matossian, a assuré que l'entreprise respectait les droits constitutionnels des Premières Nations et leurs droits issus de traités.

«Énergie Est cherche à obtenir le consentement des Premières Nations et souhaite éviter et atténuer toute conséquence potentielle du projet sur les communautés», a-t-il ajouté.

L'avocat qui représente la Première Nation Elsipogtog estime toutefois que le mandat de la table de concertation est trop limité.

Le président d'Énergie Est, John Soino, a souligné qu'il avait bien entendu les frustrations exprimées quant à un manque d'information, dans une allocution clôturant les audiences de Saint-Jean, mercredi après-midi.

Il a par ailleurs fait valoir que le projet en était encore à ses premiers pas et que l'entreprise serait prête en temps et lieu, si la construction de l'oléoduc était approuvée. Le cas échant, les travaux ne débuteraient pas avant 2019. Une procédure d'intervention d'urgence serait élaborée entretemps, a assuré M. Soino.

Le processus de consultation de l'ONÉ se poursuivra ensuite dans neuf autres villes. Le tout devrait prendre fin en décembre à Kingston, en Ontario.

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