Bois d'oeuvre: de nombreux emplois en jeu

Les obstacles persistants entourant le renouvellement de l'entente sur le bois... (Archives La Presse)

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Julien Arseneault
La Presse Canadienne
Montréal, QC

Les obstacles persistants entourant le renouvellement de l'entente sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis mettront de nombreux emplois en péril un peu partout au pays, notamment au Québec, estime un analyste du secteur forestier.

Faute d'un nouvel accord, Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, s'attend à l'imposition d'un tarif douanier d'au moins 25 pour cent sur le bois d'oeuvre canadien à compter de la deuxième moitié de 2017.

«Des scieries vont fermer parce que personne en ce moment n'a l'argent nécessaire pour payer ces taxes», a-t-il expliqué, vendredi, au cours d'une entrevue, après avoir publié un rapport sur la question.

Produits forestiers Résolu (TSX:RFP), la plus importante compagnie forestière au Québec, est du même avis et ne croit pas que le Canada devrait accepter une proposition restreignant l'accès au marché américain.

«Si l'industrie a moins accès au marché, c'est clair que cela peut se traduire par des pertes d'emplois, a expliqué son porte-parole, Karl Blackburn. La production sera moindre et les ventes vont suivre la même tendance.»

Même si l'accord est échu, les autorités américaines ne peuvent imposer de tarifs douaniers sur les produits canadiens du bois avant le mois d'octobre, en vertu d'une période de grâce en vigueur jusqu'à la mi-octobre.

M. Quinn voit difficilement comment un dénouement positif pourrait survenir alors qu'approche la fin de la période de discussions intensives de 100 jours, une initiative découlant de la rencontre en mars dernier entre le premier ministre, Justin Trudeau, et le président américain, Barack Obama.

Ceux-ci auront néanmoins l'occasion d'échanger de nouveau sur le sujet le 29 juin, dans le cadre du sommet des «Trois Amigos» auquel participera le président mexicain, Enrique Pena Nieto.

«Des différences persistent»

Entre-temps, des représentants canadiens et américains ont «discuté intensivement» de cet épineux dossier, a fait savoir vendredi la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland.

«Bien que de grandes différences persistent entre nous, cette période de mobilisation intensive nous a aidés à définir nos objectifs communs et à étudier les options liées à plusieurs composantes clés de tout nouvel accord», a-t-elle souligné, par voie de communiqué.

Les deux parties se sont engagées à poursuivre les pourparlers afin d'en arriver à une entente «durable et équitable» pour les deux pays.

Cependant, compte tenu des pressions en provenance de groupes comme la coalition américaine des producteurs de bois d'oeuvre, M. Quinn voit difficilement comment les deux parties pourraient s'entendre avant que Barack Obama ne quitte le Bureau ovale.

L'analyste craint également les répercussions des commentaires protectionnistes formulés par les deux candidats probables à l'élection présidentielle américaine de novembre, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump.

«Si Mme Clinton l'emporte, par exemple, elle aura probablement d'autres chats à fouetter que le dossier du bois d'oeuvre lorsqu'elle arrivera en poste», souligne-t-il.

Pour ces raisons, l'analyste a abaissé ses cours cibles pour plusieurs entreprises forestières, notamment ceux des québécoises Résolu et Tembec (TSX:TMB).

L'accord de 2006 entre le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre s'était conclu après cinq ans de batailles devant les tribunaux, et M. Quinn n'écarte pas la possibilité que les négociations en cours soient encore plus houleuses.

Pour sa part, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), est bien au fait de la menace que représentent les tarifs douaniers une fois la période de grâce échue.

Son président-directeur général, André Tremblay, espère toutefois que M. Trudeau profitera de sa prochaine rencontre avec M. Obama pour faire valoir les demandes de l'industrie et du gouvernement Couillard, qui demandent le libre-échange en raison du nouveau régime forestier.

«C'est clair que s'il y a un conflit commercial avec les États-Unis, nous devons avoir l'aide du gouvernement fédéral, qui, par l'entremise de garanties de prêt ou d'autres mécanismes, doit soutenir l'industrie», affirme-t-il.

Autrement, croit M. Tremblay, il sera difficile de protéger les quelque 153 000 emplois directs et indirects générés par le secteur forestier au Québec.

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