La colère des producteurs laitiers ne retombe pas

Les producteurs laitiers canadiens demandent au fédéral d'agir... (Benoit Sabourin, LeDroit)

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Les producteurs laitiers canadiens demandent au fédéral d'agir dans le dossier du lait diafiltré.

Benoit Sabourin, LeDroit

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Le convoi de producteurs laitiers qui a pris la route de Québec en début de semaine pour venir manifester sur la Colline parlementaire arrivera bientôt à destination pour rejoindre des milliers de leurs comparses venus demander au gouvernement Trudeau de corriger le tir dans le dossier du lait diafiltré américain.

Ils étaient une quinzaine de fermiers québécois à bord de leur tracteur, mercredi, à faire le trajet entre Longueuil et Montebello, où ils sont arrivés en début de soirée. Quelques dizaines d'autres producteurs de l'Outaouais et des Laurentides se joindront au groupe jeudi matin pour achever le dernier tronçon du parcours.

Les producteurs à la grandeur du Canada demandent au fédéral d'agir dans le dossier du lait diafiltré, ce concentré protéique liquide provenant des États-Unis et qui passe les frontières sans problème, étant considéré comme une protéine laitière. 

Le produit, moins cher que le lait frais québécois, est ensuite utilisé dans la fabrication de fromage et de yogourt par les grands transformateurs, ce qui engendre d'importantes pertes de revenus pour les agriculteurs d'ici.

Daniel Campeau est vice-président des Producteurs de lait pour la région Outaouais-Laurentides. Il est propriétaire de la ferme Camporet., à Brownsburg-Chatham, dans les Laurentides. Selon lui, c'est la relève agricole laitière qui est la plus affectée par cette situation.

«Chez nous, ça représente une perte de 40 000$ par année pour une ferme qui est un peu plus grosse que la moyenne. C'est particulièrement difficile pour les jeunes qui débutent et qui se retrouvent endettés. C'est de l'argent qui servait pour faire les paiements. Normalement, quand le système de gestion de l'offre est à point, un producteur sur deux doit pouvoir couvrir ses coûts de production. En 2015, ce sont deux producteurs sur 10 qui couvraient leurs frais. Les marges de crédit ont été retournées sous forme d'emprunt et beaucoup ont lâché», plaide-t-il.

«On est rendu à bout»

Simon Lavergne est propriétaire de la ferme Chalsima, à Notre-Dame-de-Bonsecours. Fier représentant de la troisième génération des Lavergne à opérer l'entreprise, cet agriculteur dit perdre beaucoup d'argent depuis quelques années en raison de la brèche douanière.

«On est vraiment rendu à bout. À la ferme, on parle de 3000$ à 4000$ de moins par mois. Sur une année, c'est entre 30 000$ et 50 000$ qu'on perd, dépendamment du troupeau. C'est plus que le salaire que nous sommes capables de nous prendre», a-t-il affirmé au représentant du Droit, mercredi soir.

Selon les chiffres avancés par l'Union des producteurs agricoles du Québec, les producteurs laitiers du Canada ont perdu 220 millions de dollars de revenus en 2015 à cause des importations de lait diafiltré.

En raison de la manifestation, de possibles ralentissements de la circulation seront à prévoir au centre-ville d'Ottawa, entre midi et 15h, a fait savoir la police d'Ottawa.

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