Guerre de prix dans l'industrie de la traduction

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Paul Gaboury
Le Droit

Des entreprises de la région se livrent une lutte féroce pour des contrats du Bureau de la traduction du Canada, offrant leurs services à des prix si bas qu'ils menacent la survie de plusieurs fournisseurs.

Le Bureau de la traduction est responsable de plus de 85% de toute la traduction du gouvernement fédéral. En raison de la vive concurrence que se livrent les entreprises pour les contrats du Bureau, certains fournisseurs n'hésitent pas à offrir leurs services à des prix bien en deça de ce que plusieurs joueurs établis que nous avons consultés considèrent comme le «seuil de rentabilité» et «de survie».

Selon des documents officiels que nous avons obtenus, le Bureau de la traduction a récemment attribué un contrat de traduction pour 875 000 mots par année, pour une somme annuelle de 131 250$, ce qui représente 15¢ le mot. Un deuxième fournisseur a obtenu un contrat à 157 500$, pour la même quantité de mots à traduire, ce qui équivaut à 17¢ le mot.

«À ce prix-là, plusieurs fournisseurs que je connais bien pensent fermer leurs portes, car c'est en bas de ce que ça coûte pour rester en affaires, payer les frais et des salaires décents à des traducteurs professionnels pour faire le travail. Personne ne semble comprendre que nous allons crever», a confié au Droit un fournisseur très inquiet, qui a demandé à conserver l'anonymat.

Une industrie en plein bouleversement

Devant un comité parlementaire, un responsable du Bureau de la traduction avait indiqué que le coût s'élevait environ à 39¢ le mot lorsque les ministères font traduire des documents par leur entremise, alors que le prix moyen du secteur privé est de 34¢.

Ces chiffres ont depuis été contestés par des dirigeants d'entreprises en traduction à qui nous avons parlé ces dernières semaines, incluant des fournisseurs du gouvernement fédéral, qui ont révélé que le coût moyen variait entre 24¢ et 26¢ le mot dans les «offres à commandes» avec le gouvernement et dans le secteur privé.

Un groupe de 35 universitaires et experts a proposé la création d'un Secrétariat général de la traduction, qui remplacerait le Bureau de la traduction, et serait sous la responsabilité de Patrimoine canadien. Les services de traduction du Secrétariat seraient obligatoires et non plus facultatifs, comme c'est le cas avec le Bureau.

«Ce serait encore pire si tout était contrôlé par ce Secrétariat, a expliqué un autre fournisseur en services de traduction. Tout passerait par là. Nous n'aurions plus aucune possibilité d'obtenir des contrats avec les ministères. J'ai bien hâte d'avoir plus de détails, car cette idée de Secrétariat n'a rien de rassurant pour notre avenir comme entreprise.»

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