Retour aux valeurs coopératives pour Desjardins

Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier... (Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil)

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Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier

Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal, QC

Le nouveau président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, dit vouloir aligner l'institution financière sur ses valeurs coopératives d'origine afin qu'elle redevienne «première» dans le coeur des Québécois.

Il a d'ailleurs promis, au cours de son mandat, d'accorder une attention particulière aux besoins des régions et des jeunes.

Il a tenu ces propos lors d'une allocution offerte samedi aux délégués des caisses réunis lors des assemblées générales annuelles de l'institution coopérative, au Palais des congrès de Montréal.

M. Cormier a d'ailleurs soutenu que les valeurs coopératives qui animent le mouvement ne sont pas une contrainte, pas plus qu'elles ne sont opposées au bon rendement financier.

«Il est évident que la performance de notre mouvement doit aussi être financière. D'ailleurs, la santé de nos finances témoigne de notre succès et de notre crédibilité», a dit le président élu par les délégués le 19 mars dernier.

«Mais l'argent doit être au service des membres et des communautés, et jamais le contraire, a-t-il déclaré sous une volée d'applaudissements.

«Desjardins a déjà été premier dans le coeur des gens, je veux qu'il le redevienne».

Et pour cela, l'institution doit être recentrée sur ses membres et prendre plus que jamais sa place de leader socio-économique, a martelé M. Cormier.

Ce discours visait sans aucun doute à flatter dans le sens du poil les dirigeants des caisses et à faire taire les critiques formulées ces dernières années, notamment par Claude Béland, un ancien président de l'institution. Monique F. Leroux, présidente jusqu'à aujourd'hui du Mouvement, avait dû se défendre à plusieurs reprises de se préoccuper plus de la performance et du rendement financier de l'institution que d'autre chose et d'être devenu une banque comme les autres.

Quant à la question des ristournes, le nouveau président ne l'a pas évoquée dans son allocution, mais en point de presse par la suite, il a indiqué qu'une grande réflexion à ce sujet s'amorcerait sous sa gouverne.

«C'est un sujet très important», dit-il, et les membres veulent prendre le temps d'y réfléchir. Elles pourraient être étendues à d'autres produits financiers ou être collectives - investies dans la communauté - plutôt que d'être individuelles.

Et contrairement à d'autres institutions financières, Desjardins n'a pas eu à se justifier au sujet des paradis fiscaux car elle ne fait pas affaire avec eux.

M. Cormier a décrit en ces mots ses trois grandes ambitions pour son mandat: aligner Desjardins sur sa raison d'être, exploiter le plein potentiel du groupe financier coopératif et investir dans les personnes.

À cet égard, ses propos au sujet du développement régional et de l'objectif de ne pas avoir un plan global pour tous - mais plutôt de donner aux régions les moyens de se développer en fonction de leurs réalités locales - ont été particulièrement bien accueillis par les centaines de délégués des caisses présents.

Pourtant, Desjardins a annoncé son intention de mettre la clé sous la porte de trois points de service cette semaine en Haute Côte-Nord, ce qui s'ajoute aux fermetures des dernières années.

Interrogé sur le désir de l'institution de desservir les régions, M. Cormier a répondu en point de presse que l'«évolution» des caisses était inévitable, refusant d'utiliser le mot «fermeture». Il ne s'est pas engagé à freiner la fermeture de caisses ou de centres de services.

Par contre, Desjardins est l'institution financière qui a le plus de points de service au Québec - dont 30 pour cent dans des villages de moins de 5000 habitants, a-t-il fait valoir, contrairement à 2 ou 3 pour cent pour les banques.

Et puis soutenir les régions ne passe pas forcément par la présence de caisses populaires, soutient-il: cela peut aussi se faire en soutenant l'entreprenariat local.

Pour séduire les jeunes, le nouveau président a parlé d'effectuer un virage «fort et rapide» sur les applications mobiles, offrir un soutien financier aux jeunes entrepreneurs et une offre de service plus personnalisée. À ce dernier sujet il a cité le fait d'avoir ouvert des points de service dans des universités, axées sur les besoins des jeunes - ce qu'aucune banque n'a fait, avance-t-il.

L'assemblée était aussi l'occasion de la passation de pouvoir entre lui et Monique F. Leroux, qui a tenu les rênes du Mouvement coopératif pendant huit ans.

Elle a fait un retour sur ses années à la tête de Desjardins, marquées dès son arrivée par la crise financière de 2008.

Passant le flambeau à son successeur, elle lui a dit qu'il lui revenait désormais de «faire verdir le jardin».

À son tour, M. Cormier a été élogieux à son égard: «elle a amené le Mouvement à un niveau jamais atteint», a-t-il déclaré.

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