Anticosti: Couillard parle d'un «problème technique fondamental»

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, estime... (Jacques Boissinot, PC)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, estime que la fracturation hydraulique est difficile à envisager sur une île de la taille d'Anticosti.

Jacques Boissinot, PC

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

La poursuite de l'exploration des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti pose un «problème technique fondamental», a déclaré jeudi le premier ministre Philippe Couillard.

Alors que le gouvernement attend encore plusieurs études qui doivent établir les impacts des travaux de forage hydraulique dans le schiste, M. Couillard a exposé ses conclusions.

«Il ne s'agit pas d'être diplômé en physique nucléaire pour savoir qu'une fracturation sur une île, une île de relative petite taille, ça pose un problème technique fondamental», a-t-il dit dans un échange avec la presse parlementaire.

M. Couillard a également cité l'absence de port et une trop grande consommation d'eau pour affirmer que la fracturation hydraulique, prévue lors de la prochaine étape de l'exploration, n'est pas souhaitable sur l'île, qui est 16 fois plus grande que l'île de Montréal.

«C'est un milieu naturel que moi j'aimerais bien qu'on garde pour nos enfants, nos petits-enfants, et pour moi c'est important», a-t-il dit.

En Chambre, les partis de l'opposition ont continué de croiser leur tir en reprochant au premier ministre d'avoir torpillé la confiance des investisseurs avec son rejet du projet d'Anticosti, dont le gouvernement est un partenaire financier.

Au cours des derniers jours, le premier ministre a répété à de nombreuses reprises son opposition à la fracturation hydraulique, une méthode de forage controversée qui nécessite l'injection de produits chimiques dans le sol.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a jugé que M. Couillard a introduit une dimension arbitraire dans son appréciation des interventions du gouvernement.

«Est-ce que nous vivons dans une société de droit ou, dorénavant, dans une société où nous sommes assujettis aux décisions arbitraires du premier ministre?» a-t-il demandé.

Après avoir déclaré que les fonctionnaires obéiraient aux ordres du gouvernement, dans le dossier d'Anticosti, M. Couillard a affirmé jeudi qu'ils respecteront les lois.

Pas de l'ingérence, se défend Couillard

M. Couillard a une nouvelle fois dû se défendre de s'ingérer dans le processus environnemental qui relève des employés de l'administration québécoise.

La semaine dernière, M. Couillard avait affirmé qu'il ferait tout ce qu'il peut pour empêcher la prochaine étape du programme d'exploration d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.

Questionné mardi sur l'indépendance dont disposeraient les fonctionnaires à la lumière de ses déclarations, M. Couillard avait précisé qu'ils obéiraient aux orientations du gouvernement.

Dans un point de presse avant une réunion de ses députés, M. Couillard a affirmé que son opinion n'interférera pas dans l'analyse que les fonctionnaires feront d'une étude hydrogéologique fort attendue par le premier ministre.

«Non, non, les fonctionnaires vont suivre les lois et règlements mais nous notre devoir comme gouvernement c'est d'émettre nos orientations, notamment sur des sujets comme ça, a-t-il dit. Mais tous les règlements et les lois vont suivre leur cours.»

Par ailleurs, M. Couillard a affirmé qu'il n'avait jamais mis les pieds sur l'île d'Anticosti, malgré des informations véhiculées par la Coalition avenir Québec mercredi.

La CAQ a soupçonné le premier ministre d'avoir développé une relation particulière avec l'île, lors d'un voyage avec son ex-associé Arthur Porter, ce qui expliquerait son plaidoyer contre l'exploration pétrolière en cours.

Jeudi, M. Couillard a rejeté les allégations de la CAQ et les propos de M. Porter, décédé après avoir été accusé de fraude, qu'il a consignés dans une autobiographie publiée il y a deux ans.

«C'est pathétique et pitoyable, a-t-il dit. Ça montre le défaut d'argumentation, il n'y a aucun argument.»

La nouvelle politique énergétique sera un virage important, dit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard a confié, jeudi, son ambition de développer le sentiment d'autonomie des citoyens grâce à l'installation de panneaux solaires sur le toit de leur résidence.

M. Couillard a déclaré devant un parterre de représentants du secteur des énergies renouvelables que les personnes habitant ces maisons pourront vendre leurs surplus à Hydro-Québec.

Selon le premier ministre, qui a esquissé dans un discours les contours de la prochaine politique énergétique de son gouvernement, pareil développement répondrait à un désir d'autonomie vis-à-vis des gouvernements. «Vous comblez vous mêmes une bonne partie de vos besoins d'énergie renouvelable pour votre maison, et s'il y a des surplus vous les vendez à Hydro-Québec sur le réseau», a-t-il dit.

Alors qu'Hydro-Québec accumule des surplus d'électricité, le premier ministre a affirmé qu'il s'agissait au contraire d'un élément de développement économique, pour l'exportation ou attirer des entreprises.

«Je suis toujours surpris d'entendre des gens dire: c'est terrible on a des surplus, a-t-il dit. Il n'y a pas un pays sur la planète qui rêverait pas d'être dans une situation comme la nôtre.»

Aux membres de l'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER), M. Couillard a déclaré que la prochaine politique énergétique du Québec marquera un tournant important.

«Elle va marquer une page qu'on tourne, a-t-il dit. Et pas qu'on tourne à moitié. Une page qu'on tourne véritablement.»

Cette politique 2016-2025, attendue au cours des prochaines semaines, réduira la «dépendance au pétrole mais de façon progressive et sage».

«Elle doit également d'abord parler de cette transition énergétique mais cette transition doit également développer notre économie et créer de l'emploi», a-t-il dit.

Le Québec se fixera des cibles pour augmenter la proportion des énergies renouvelables dans son portefeuille, qui est de 46% actuellement, a indiqué le premier ministre.

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