Couillard promet de revoir la gestion du Fonds vert

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«Il est clair que sa gouvernance doit être améliorée», a promis le premier ministre Couillard.

Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec, QC

La gestion du Fonds vert laisse à désirer et doit être revue en profondeur, a convenu vendredi le premier ministre Philippe Couillard.

Québec va créer prochainement un conseil de gestion du Fonds vert, en vue de s'assurer qu'on saura précisément à quoi sert l'argent englouti dans les divers projets financés, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Le premier ministre n'a pu dire pourquoi son gouvernement avait mis 20 mois avant de s'apercevoir que ce fonds, devant servir à réduire la production de gaz à effet de serre, était à ce point mal administré. «Des fois, il faut se donner le temps de réfléchir», a-t-il dit.

M. Couillard a fait cette annonce lors d'un point de presse au terme de deux jours de réunion de son caucus, en prévision de la rentrée parlementaire de la semaine prochaine.

«Il est clair que sa gouvernance doit être améliorée», a-t-il promis, s'engageant à procéder à une réforme «profonde et très ferme», avec plus de rigueur et de transparence.

Les projets financés par le fonds devront être mieux définis et correspondre aux objectifs visés.

En juin 2014, donc quelques mois après l'arrivée au pouvoir des libéraux, le Commissaire au développement durable avait sonné l'alarme.

Depuis sa création en 2006, et jusqu'à 2014, le Fonds vert du gouvernement du Québec a englouti 2,1 milliards $ de fonds publics, une somme qui a été mal gérée, alors que des projets ont été sélectionnés sans appel d'offres, déplorait le commissaire dans un rapport.

Le Fonds vert finance divers projets de nature environnementale destinés à assurer un développement durable. Plusieurs ministères ont été mis à contribution, à travers des projets axés notamment sur les changements climatiques.

Il importe de savoir «où l'argent va», a dit de son côté le ministre du Développement durable, responsable de ce fonds, David Heurtel. Il a promis l'avènement d'une gouvernance «moderne».

Cependant, vendredi après-midi, le cabinet du ministre Heurtel était incapable de préciser combien de projets avaient été financés cette année grâce à ce fonds et dire quel montant était en jeu, au total.

L'annonce effectuée vendredi fait suite à la parution d'articles dans le Journal de Québec décrivant plusieurs subventions discutables provenant du Fonds vert, comme le financement à hauteur de 6 millions $ d'un oléoduc entre Montréal et Lévis pour une compagnie pétrolière ou l'installation, au coût de 800 000 $, d'ailes d'avions appartenant à Air Canada.

M. Couillard a convenu qu'il s'agissait là d'exemples «curieux», dont la pertinence était discutable.

Québec promet une meilleure reddition de comptes de ce fonds qui sera dirigé par un président entouré d'un conseil d'administration composé de neuf membres.

Du même coup, Québec accroît son contrôle sur ce fonds car son conseil de gestion devra se rapporter directement au ministre Heurtel.

«Il faut rétablir le lien de confiance», a commenté M. Couillard, soucieux d'assurer la crédibilité de l'organisme qui doit contribuer à lutter contre les changements climatiques.

Le Fonds vert est en partie financé grâce à une taxe sur l'essence payée par les automobilistes.

Globalement, le budget du plan d'action sur les changements climatiques atteint 3,2 milliards $, pour la période 2013-2020. En février 2015, 400 millions $ du total avaient déjà été dépensés.

L'opposition péquiste approuve la décision de resserrer la gestion du Fonds vert, mais se demande pourquoi on n'a pas corrigé le tir plus tôt.

«On dirait que le ministre de l'Environnement, soudainement, vient d'avoir une illumination», commente le porte-parole péquiste en environnement, le député Mathieu Traversy, en rappelant les critiques sévères formulées par le Commissaire au développement durable.

«Il doit agir le plus rapidement possible», a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique, parce que tout le monde veut sa part du gâteau et «s'improviser le plus vert possible pour y avoir droit».

D'où l'importance d'adopter des balises claires, a-t-il fait valoir.

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