Le salaire annuel moyen déjà atteint par des pdg

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Dans son étude qu'il dévoile annuellement, le Centre canadien de politiques alternatives souligne que la rémunération globale de ces 100 chefs de la direction les mieux rémunérés au pays totalisait 896 millions $ en 2014.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

À 12h18 ce 4 janvier, le pdg moyen parmi les 100 les mieux rémunérés au Canada aura déjà touché le salaire moyen d'un travailleur canadien durant toute une année, indique lundi le Centre canadien de politiques alternatives.

Au pays, un travailleur à temps plein gagnait en moyenne 48 636 $ selon les données de 2014 rapportées par ce centre. Donc, le pdg moyen dans la liste des 100 les mieux rémunérés au Canada aura déjà touché une telle somme en quelques heures à peine.

Dans son étude annuelle, le Centre canadien de politiques alternatives souligne que la rémunération globale de ces 100 chefs de la direction les mieux rémunérés au pays totalisait 896 millions $ en 2014.

Avec une moyenne de 8,96 millions $, il s'agit d'une légère baisse de 2% par rapport aux 9,2 millions $ enregistrés l'année précédente.

Au premier rang des mieux payés, on retrouve John Chen, de la société Blackberry, avec une rémunération totale de 89,7 millions $ en incluant le salaire de base, les primes, les actions, les options d'achat d'actions, le régime de retraite et les autres formes de rémunération.

Loin derrière se trouve Donald Walker, de Magna International, avec 23,4 millions $ de rémunération sous toutes ses formes.

Chez les Québécois, on retrouve Pierre Dion, de Québecor, au 17rang, avec une rémunération totale de 10,8 millions $, et Louis Vachon, de la Banque Nationale, au 22rang, avec 10,1 millions $.

Seules deux femmes apparaissent dans cette liste, soit Linda Hasenfratz, de Linamar, au 23rang, et Dawn L. Farrell, de Transalta, au 92e rang.

Étude «inutile»

Au cours d'une entrevue lundi, Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'Institut économique de Montréal, a dit trouver cette étude inutile.

«Je pense que c'est superflu et que c'est un exercice qui vise essentiellement à susciter l'envie. C'est vraiment basé sur une logique de dire "Regardez: eux ont beaucoup d'argent et vous devriez être fâchés de ça". Ce n'est pas un exercice pour lequel j'ai beaucoup de sympathie», a commenté M. Kelly-Gagnon.

Il affirme ne pas s'opposer, cependant, à un débat sur la rémunération des hauts dirigeants d'entreprises.

«Là où j'admets qu'il y a un débat [à faire], c'est de dire "est-ce qu'il y a un lien assez fort entre la performance de l'entreprise et le niveau de salaire de ces dirigeants d'entreprises là". On a vu quelques exemples, dans les années passées, d'entreprises qui, même en difficulté, ont continué à verser des salaires exorbitants ou très élevés à leurs dirigeants. Donc là, est-ce qu'il n'y a pas de meilleurs mécanismes qu'on devrait avoir pour s'assurer qu'il y ait un lien de cause à effet entre la santé de l'entreprise et la performance et la rémunération du PDG. Il y a certainement des choses à améliorer là-dessus», a concédé M. Kelly-Gagnon.

Il trouve cependant périlleux de tisser des liens entre cette rémunération des 100 chefs de la direction les mieux payés, les déficits des provinces et le financement des programmes sociaux.

Le Centre canadien de politiques alternatives souligne en effet que la rémunération totale des 100 chefs de la direction, qui totalisait 896 millions $ en 2014, dépassait alors le montant des déficits budgétaires de plusieurs provinces, à l'exception du Québec, de l'Ontario et de Terre-Neuve-et-Labrador.

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