Alberta: la première ministre refuse une taxe de vente

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La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a expliqué que son gouvernement, pris entre le marteau et l'enclume, avait dû se résoudre à emprunter, pendant quelques années, pour payer les factures courantes - ce que la province n'avait pas fait depuis 20 ans.

Andrew Vaughan, archives La Presse Canadienne

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Dean Bennett
La Presse Canadienne

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a rejeté l'idée que son budget hautement déficitaire puisse mener éventuellement à l'adoption d'une nouvelle taxe de vente dans la province.

Mme Notley a déclaré pendant la période de questions à l'Assemblée législative, mercredi, qu'aucune taxe de vente ou aucune taxe harmonisée ne serait créée sous sa gouverne.

Elle a assuré que ni le plus récent budget, ni tous les autres présentés par son gouvernement n'inclueraient une telle mesure.

L'Alberta compose difficilement avec la chute dramatique des prix du pétrole, qui prive la province de milliards de dollars de revenus. Le premier budget présenté par le gouvernement néo-démocrate, élu en mai dernier, prévoit de profiter de taux d'intérêt extrêmement faibles et d'une économie au ralenti pour investir massivement dans la construction et la rénovation de routes, d'écoles et d'hôpitaux - un programme quinquennal d'infrastructures de 34 milliards $.

Le gouvernement Notley souhaite par ailleurs restreindre l'embauche dans le secteur public, mais ne souhaite pas réduire de façon importante l'offre de services dans des secteurs névralgiques comme la santé ou l'éducation.

Ces objectifs se traduisent donc par un budget déficitaire de plusieurs milliards de dollars pour les quatre prochaines années, dont 6,1 milliards $ cette année. Le gouvernement prévoit emprunter 712 millions $ l'an prochain pour les activités courantes, et 3,1 milliards $ l'année suivante.

Le parti Wildrose (droite) accuse le gouvernement néo-démocrate de menacer la très précieuse cote de crédit AAA - une révision à la baisse de cette cote se traduirait par des coûts d'emprunt plus élevés sur les marchés, rappelle l'opposition officielle.

«Ce budget affiche une dette beaucoup trop importante et ne comprend aucun plan pour la rembourser. Pourquoi la première ministre risque-t-elle le bien-être futur des Albertains avec ce budget?», a lancé le chef Brian Jean.

Mme Notley rétorque que son gouvernement adoptera une loi qui limitera la dette publique à 15 pour cent du produit intérieur brut nominal, afin de conserver sa cote de crédit. Ce ratio est actuellement d'environ six pour cent, a-t-elle dit.

«L'environnement est très bon (pour emprunter), a soutenu la première ministre. Les investisseurs à qui j'ai parlé dans l'est (du pays) et aux États-Unis, au début de l'automne, reconnaissaient tous que nos bases économiques sont très solides.»

«La chute du prix du baril de pétrole ne devrait pas être surveillée chaque jour par les enseignants pour vérifier s'ils auront toujours leur emploi ce jour-là», a-t-elle illustré.

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a expliqué que son gouvernement, pris entre le marteau et l'enclume, avait dû se résoudre à emprunter, pendant quelques années, pour payer les factures courantes - ce que la province n'avait pas fait depuis 20 ans.

La chef néo-démocrate soutient qu'autrement, son gouvernement aurait dû réduire les services publics de façon draconienne et douloureuse pour la population. La province traverse une période très difficile, a admis Mme Notley, et les remèdes extrêmes ne constituent pas le meilleur antidote.

Les gouvernements progressistes-conservateurs précédents ont pigé au cours des dernières années dans le très garni fonds d'urgence de la province, pour effacer les déficits et éviter le marché de l'emprunt. À compter de l'an prochain, pour boucler ses fins de mois, le gouvernement se servira de l'emprunt et du fonds d'urgence, qui devrait être complètement épuisé d'ici le début de 2017. La dette totale devrait quand même atteindre plus de 47 milliards $ d'ici 2020.

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