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Selon l'ancien député Gilles Morin

Prêteurs sur salaire: «Il faut protéger ces gens-là, qui se font jouer»

L'ancien député libéral Gilles Morin... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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L'ancien député libéral Gilles Morin

Patrick Woodbury, LeDroit

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Fin 1991. L'Ontario est dans un creux de vague. Le taux de chômage atteint les 9%. Ils sont plus d'un million dans la province à dépendre de l'aide sociale. À cette même époque, les prêteurs sur salaire font des affaires d'or. Ils facturent des droits d'utilisateurs à leurs clients pour l'encaissement de chèques du gouvernement.

À Queen's Park, le député libéral Gilles Morin est ulcéré. Il dépose un projet de loi privé pour interdire aux prêteurs sur salaire de facturer un droit de 4% à 5% pour l'encaissement d'un chèque d'une administration publique. Le projet de loi 154 se rend jusqu'en troisième lecture, ce qui est rare pour un document de l'opposition.

À cette époque, c'est le prêteur Money Mart qui domine le marché ontarien. Le nombre de succursales de l'entreprise a plus que triplé à travers la province, depuis cinq ou six ans. D'autres, comme Cash Store et Instaloans, viennent plus tard revendiquer leur part du gâteau.

«Les gens qui dépendent de l'aide sociale ont besoin du plein montant de leur allocation. Ceux qui n'ont pas de compte bancaire n'ont pas vraiment d'autre choix que d'aller chez ces prêteurs sur salaire pour encaisser leur chèque. Pourquoi leur facturer des droits? C'est une pratique tout ce qu'il y a de plus mercantile», affirme M. Morin, aujourd'hui retraité de la politique.

Le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae apporte son soutien au projet de loi de M. Morin jusqu'à la troisième lecture, au printemps 1992. Juste avant ce dernier vote, Floyd Laughren, alors ministre des Finances, informe son collègue libéral de Carleton-Est - aujourd'hui Ottawa-Orléans - que le document n'ira pas plus loin. Le parti au pouvoir dit craindre les mises à pied si Money Mart décide, en retour, de fermer boutique.

«Ça m'est toujours resté sur le coeur», confie M. Morin au Droit, plus de 20 ans après les faits. «C'est du vol! Il faut faire quelque-chose pour protéger ces gens-là, qui se font jouer», exhorte l'ancien député de 1985 à 1999.

Une loi de l'Ontario encadre les prêts sur salaire depuis cinq ans. Les prêteurs doivent obtenir un permis d'entreprise auprès du ministère des Services aux consommateurs. Ils s'exposent à des amendes, voire une révocation complète de leur permis, s'ils sont trouvés coupables d'abus. Depuis deux ans, les droits administratifs sont plafonnés à 21$ par tranche d'emprunt de 100$.

Plus de détails dans LeDroit du 21 mars ou sur ledroitsurmonordi.ca

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