Financiarisation de l'agriculture au Québec

La haute finance s'intéresse aux fermes

L'acquisition de terres cultivables par des intérêts financiers demeure  pour... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Patrick Woodbury, LeDroit

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L'acquisition de terres cultivables par des intérêts financiers demeure pour l'instant un phénomène marginal au Québec, mais pourrait éventuellement mettre en péril le modèle agricole en place depuis des générations si rien n'est fait pour lui barrer la route.

À l'échelle mondiale, le Québec, qui préconise une agriculture de propriétaires, fait présentement office de « village gaulois ». La tendance mondiale est complètement inverse. Depuis plus de 10 ans, de grands intérêts financiers et des pays comme la Chine tentent de faire table rase sur les terres agricoles du monde entier. Ces transactions sont motivées à la fois par le rendement financier que procurent les terres agricoles sur le marché, mais aussi dans le but de se prémunir contre la crise alimentaire qui sévit.

C'est ainsi que l'Empire du Milieu achète des terres un peu partout en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Des investisseurs chinois auraient même eu récemment un oeil sur des milliers d'hectares de terres cultivables dans la région de la Montérégie.

La situation québécoise est particulière, précise Vincent Cloutier, agronome et directeur des affaires agricoles à la Coop fédérée. De fait, 84 % des terres cultivables du Québec appartiennent à des agriculteurs. Cela fait du Québec un des endroits dans le monde où le taux d'exploitants-propriétaires est le plus élevé. En Ontario, par exemple, cette proportion n'est que de 65 %.

M. Cloutier soutient toutefois que le Québec doit demeurer vigilant s'il ne veut pas perdre le contrôle de son modèle agricole. La tendance mondiale est forte, et en regardant ce qui se passe ailleurs au pays et aux États-Unis, il est clair qu'elle cogne à notre porte. « Nous observons depuis environ trois ans un intérêt grandissant de la part d'investisseurs non agricoles pour les terres du Québec, dit-il. La menace n'est pas encore immédiate, mais il ne faut surtout pas se fermer les yeux. Il faut faire une réflexion, sinon nous risquons de mettre en péril la pérennité de notre modèle agricole. »

Le loup près de la bergerie

L'exemple le plus frappant que le loup s'approche de la bergerie est survenu l'an passé, lorsque la Banque Nationale a fait l'acquisition de 14 000 acres de terre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans le but de louer les lots à des agriculteurs.

L'objectif derrière cette transaction, qui a soulevé un tollé dans le secteur agricole, était de faire fructifier des caisses de retraite, dont celles des employés de la Banque Nationale.

L'impact a été immédiat dans cette région puisque le coût des terres a augmenté de 35 %, comparativement à 16 % pour le reste du Québec.

Plus de détails dans LeDroit du 14 janvier ou sur ledroitsurmonordi.ca

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