C'est ce que révèle une étude publiée hier par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Selon le président du STTP, Denis Lemelin, la recherche réfute les prétentions du gouvernement Harper qui affirmait en juin 2011 qu'il devait adopter une loi spéciale obligeant les 48000 membres du syndicat à retourner au travail afin de protéger l'économie.
«Notre document de recherche expose à l'aide de données sur les faillites et le chômage que les conséquences économiques de l'arrêt de travail ont été négligeables, souligne M.Lemelin. Qui plus est, l'arrêt de travail n'a coûté à Postes Canada qu'environ 58 millions$ et non pas des centaines de millions$ comme l'affirme son président Deepak Chopra.»
«En fait, rien n'indique que le gouvernement a évalué les effets négatifs sur la population avant de décider d'imposer une loi de retour au travail après une seule journée de lock-out national», écrivent les auteurs de l'étude, Katherine Steinhoff et Geoff Bickerton.
La recherche souligne aussi que les organismes de charité, les organismes à but non lucratif, les groupes de personnes âgées et les organismes oeuvrant en régions rurales ou éloignées ont pu subir des conséquences négatives, mais qui se sont avérées temporaires pendant la grève et le lock-out.
«Le document prouve que le gouvernement Harper n'a pas adopté la loi spéciale de retour au travail, il y a un an exactement aujourd'hui (hier), pour des raisons économiques. Il l'a adoptée parce qu'il a dans sa mire les travailleurs», a ajouté le président du STTP.
Toujours pas de contrat
Depuis le retour au travail, les deux parties n'ont toujours pas pu s'entendre pour un nouveau contrat de travail. Un juge de la Cour fédérale a ordonné un arrêt des procédures dans l'arbitrage des offres finales imposé aux 48000 membres de l'unité urbaine travaillant à Postes Canada. Et ce, jusqu'à ce que la Cour se prononce sur une demande de révision judiciaire déposée par le STTP, qui conteste le choix de l'arbitre nommé par le gouvernement Harper dans le dossier. La Cour fédérale doit entendre la demande de contrôle judiciaire lors d'une audition à Montréal, le 25juillet prochain.
Dans sa demande, le STTP conteste la nomination de l'arbitre Guy Dufort par la ministre du Travail, Lisa Raitt, étant donné que ce dernier a milité au sein du Parti conservateur du Canada et qu'il a travaillé pendant plusieurs années pour le compte de Postes Canada au dossier de l'équité salariale opposant l'Alliance de la fonction publique du Canada à Postes Canada.