Quoi qu'il en soit, la suédoise Ericsson a confiance qu'Ottawa approuvera la transaction de 1,13 milliard de dollars américains devant lui permettre d'acquérir les activités de Nortel dans le secteur du sans-fil, a affirmé hier l'un des dirigeants de l'entreprise.
Annoncée samedi, l'entente concerne la division Carrier Networks de Nortel, spécialisée dans les réseaux de technologie CDMA et de haut débit mobile (LTE) en Amérique du Nord.
La transaction est assujettie à l'approbation des tribunaux de faillite au Canada et aux États-Unis - qui doivent se prononcer aujourd'hui -, de même qu'à celle des autorités de réglementations des deux pays.
L'Ontario s'y oppose
Approbation des tribunaux ou pas, le gouvernement de l'Ontario a demandé hier à Ottawa de bloquer l'entente, afin d'éviter que « de la technologie canadienne clé » passe entre les mains d'intérêts étrangers.
Le ministre ontarien des Finances, Dwight Duncan, estime que ces actifs ne devraient pas être vendus à une entreprise étrangère puisque les Canadiens ont aidé au financement de la technologie de prochaine génération développée par Nortel. Il demande à Ottawa de bloquer la transaction avec Ericsson et d'aider une entreprise canadienne à l'acquérir.
Jusqu'à présent, la plus vive opposition est venue de l'ontarienne RIM, fabricante du BlackBerry, qui ne faisait pas officiellement partie du processus.
L'entreprise avait cependant déposé une offre informelle de 1,1 milliard $ US. RIM a été mise à l'écart lorsqu'elle s'est objectée au processus d'appel d'offres. Elle a cependant promis de continuer à se battre pour mettre la main sur certains actifs de l'entreprise et pressé le gouvernement fédéral à « s'impliquer afin de protéger des intérêts canadiens capitaux ».
Ottawa pourrait intervenir
Le ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, a indiqué hier qu'il n'était pas en position de se prononcer sur la situation, mais il n'a pas exclu la possibilité d'intervenir dans le processus de la transaction.
De son côté, le chef libéral Michael Ignatieff a insisté auprès du gouvernement conservateur pour qu'il étudie « avec attention » la vente de Nortel.
« Au nom de tous les Canadiens, je vous prie d'étudier le projet de vente de Nortel pour vous assurer que la propriété intellectuelle mise au point avec l'argent des contribuables continue de bénéficier à tous », a déclaré M. Ignatieff. « Nous devons être en mesure d'intervenir afin de défendre nos intérêts », a-t-il ajouté.
Des employés inquiets
La vente de Nortel inquiète également des dizaines d'employés en invalidité prolongée de l'entreprise. C'est le cas de Josée Marin, une résidante de Vankleek Hill en arrêt de travail.
« C'est vraiment l'incertitude la plus totale en ce moment. Personne ne sait ce qui va arriver avec nos avantages sociaux, et personne ne nous donne de réponse, que ce soit Nortel ou le gouvernement », a plaidé l'ancienne technicienne en laboratoire.
Afin de presser le gouvernement d'agir, une manifestation d'employés de Nortel en arrêt de travail aura cet après-midi, près des immeubles de Nortel au coin de l'avenue Carling et de Moodie, dès 14 h.
« C'est la rue pour moi, si on me coupe mon invalidité. Le jour où ça cesse, je perds ma maison et je me retrouve avec des revenus de 800 $ par mois », explique la mère d'un enfant qui est lui aussi malade.
Plus du tiers des 2500 employés nord-américains de Nortel travaillent à Ottawa, où l'on compte environ 1000 travailleurs.
Avec la Presse Canadienne