C'est cette bataille qui a anéanti à jamais les visées de Bonaparte sur le Royaume-Uni. Plus de 4000 Français ont péri et le double ont été blessés ou faits prisonniers. Cette victoire est venue signer la suprématie incontestée des Britanniques sur la mer.
Des histoires comme celle de Reuben Traveller, le cimetière St-James en regorge. Il s'agit du plus vieux lieu de sépulture d'une population d'origine européenne dans toute la région. Toute l'histoire de la fondation même de la région y est enterrée. Les fondateurs de Hull, Philemon Wright, et sa femme Abigail Wyman, y sont. Tout comme le premier maire de Bytown (Ottawa), John Scott, et le riche propriétaire foncier Nicholas Sparks.
St-James est l'un des quatre cimetières incontournables dans la région. Pour sa part, le cimetière Notre-Dame d'Ottawa se veut le dernier repos de toute l'élite francophone d'Ottawa. C'est aussi là qu'est enterré Sir Wilfrid Laurier, qui a été premier ministre du Canada de 1896 à 1911.
Le pendant anglophone de Notre-Dame est sans conteste le cimetière de Beechwood, aussi à Ottawa. C'est toutefois à cet endroit qu'on retrouve le seul Franco-Ontarien à avoir vécu sur trois siècles, Fulgence Charpentier, qui a longtemps été associé au Droit, souligne Michel Prévost, archiviste en chef de l'Université d'Ottawa.
Le cimetière Notre-Dame, sur le boulevard Fournier, à Hull, accueille lui aussi son ancienne élite locale. Anciens maires et gens d'affaires jadis prospères s'y côtoient. Ce qu'il y a de significatif, c'est le nombre de femmes qui ont été de véritables pionnières qui y sont enterrées, précise l'historien et auteur Raymond Ouimet.
Donalda Charron, la présidente du syndicat des allumettières qui a dirigé la première grève de femmes dans le milieu ouvrier, celle des « faiseuses d'allumettes » en 1924, y repose. Pas très loin, on retrouve la pierre tombale de Marie-Thérèse Archambault, première femme laïque en Amérique du Nord à obtenir, en 1932, un doctorat. Elle s'était attirée l'attention de tous, à l'âge de 13 ans, pour avoir exigé d'être servie en français par des employés de la compagnie de tramways d'Ottawa. Laurette Larocque, mieux connue sous le nom de Jean Desprez, célèbre comédienne, journaliste, écrivaine et rédactrice de feuilletons radiophoniques et de téléromans, y est aussi enterrée.
« On est capable assez rapidement, quand on marche dans un cimetière, de voir qui était la bourgeoisie, qui étaient les figures dominantes, explique M. Ouimet. On le voit à la grosseur des pierres tombales, aux oeuvres d'art qui y sont installées. Un cimetière, c'est un peu comme une ville. Ça a ses quartiers riches, sa petite bourgeoisie, et ses quartiers pauvres, ouvriers. Beaucoup de gens inhumés dans un cimetière n'ont même pas de monument à leur nom. On les oublie ces gens-là. »
On les oublie, un peu comme on a oublié Marie Beaulne et Omer Girard au cimetière Notre-Dame, à Gatineau. Les deux ont été pendus, respectivement en 1860 et 1937. « Ils sont juste ici, souligne M. Ouimet, en pointant par terre, sous la tombe de cette dame qui ne savait probablement pas qu'elle serait enterrée avec deux criminels pendus. Rien ne l'indique, mais ils sont là. »