Aujourd'hui, son histoire est en train de s'effacer de la mémoire collective. Vers 1850, par contre, la «Complainte de Cadieux» était chantée abondamment par les Canadiens-français. Elle était une pièce importante du répertoire des camps de bûcherons de la région. C'est l'histoire du brave qui se sacrifie pour sauver les siens.
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La légende dit que Jean Cadieux a lui-même écrit la complainte sur de l'écorce de bouleau, avec le sang de ses blessures, avant de mourir. La croix de Jean Cadieux, située juste avant les Rapides du rocher fendu, sur la rivière des Outaouais, était devenue un passage obligé pour tous les coureurs des bois. Ils s'y rendaient pour prier et repartaient souvent avec un copeau de bois arraché à même la croix, pour leur porter chance.
Une nouvelle croix a été construite en 1895 par l'entrepreneur hullois Joseph Bourque. Il s'en suivit une «guerre des monuments» entre le village de l'Île-du-Grand-Calumet et la municipalité de Bryson, qui revendiquaient le droit de posséder ce monument à la mémoire de Cadieux.
Après qu'elle ait été saccagée par des vandales, des habitants de l'Île-du-Grand-Calumet sont allés la récupérer pour la transporter à l'entrée du village, afin veiller sur elle. La croix y est depuis.
Écrite avec son sang
Il y a un peu plus de 300 printemps, celui de 1709, Jean Cadieux, grand coureur des bois, s'est installé à l'Île-au-Grand-Calumet avec sa femme, quelques proches et des collaborateurs algonquins. Des Iroquois étaient là, à quatre kilomètres, attendant de pouvoir piller le convoi de fourrures. Impossible pour tous de s'en sortir.
Cadieux décide de se sacrifier. Il fait diversion avec son arme à feu pour attirer les Iroquois, pendant que sa femme et ses proches tentent de traverser d'infranchissables rapides. Selon la légende, le groupe a survécu grâce à l'apparition de Saint-Anne, la patronne des coureurs de bois.
Jean Cadieux, armé d'un fusil, réussit à contenir les attaques iroquoises pendant trois jours. Il parvient à se sauver dans la forêt, mais ses blessures le tenaillent. Seul, il s'affaiblit rapidement. Sentant la fin venir, il trouve suffisamment d'énergie pour creuser sa propre tombe, y installer une grosse croix de bois et écrire avec son sang ce qui deviendra un morceau du patrimoine canadien-français.
Il a été retrouvé là par deux de ses compagnons de voyages, deux jours plus tard, à demi enseveli, la «Complainte de Cadieux» dans les mains. « Petit rocher de la Haute-Montagne;
Je viens ici finir cette campagne! Ah! Doux échos, entendez mes soupirs; En languissant, je vais bientôt mourir!»
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