Pas de décisions précipitées au NPD

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Le chef du NPD Thomas Mulcair a passé la journée, mardi, à appeler les membres de son équipe - élus et défaits - pour les remercier du travail accompli.

André Pichette, La Presse

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La Presse Canadienne

Comptant sur un caucus considérablement plus maigre de seulement 44 députés, Thomas Mulcair devrait demeurer chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) pendant que sa formation politique tente de comprendre comment elle a pu glisser de la première place dans les sondages en début de campagne à la troisième, le soir de l'élection.

Le député néo-démocrate de longue date en Ontario Charlie Angus, réélu dans la circonscription de Timmins-Baie James, a affirmé que les néo-démocrates n'allaient pas «appuyer sur la gâchette» en prenant des décisions précipitées à la suite de l'échec électoral cuisant.

«On ne sort pas les couteaux, a dit M. Angus en entrevue téléphonique. Le caucus néo-démocrate montre sa solidarité, nous nous tenons unis, nous traversons ces situations ensemble.»

Cela prendra un certain temps pour évaluer les conséquences et déterminer ce qui a mal tourné, a-t-il poursuivi.

«Nous devons tous panser nos plaies et véritablement évaluer ce qui est arrivé car tout semblait si bon jusqu'au soir (du scrutin), a commenté M. Angus. Je parlais à des gestionnaires de campagne expérimentés, des gens qui ressentent ces choses dans leurs tripes qui me rassuraient: «Le sentiment est bon, notre travail de terrain est solide». Et puis wow, quelque chose s'est passée.»

Des dirigeants du parti affirment avoir vu venir le train de la campagne de Justin Trudeau il y a un mois, mais plusieurs personnes près du pouvoir refusaient de croire qu'il était réel.

Pire encore, des membres du NPD affirment qu'ils n'ont pas encore totalement réalisé l'ampleur des pertes alors que quelques-unes des vedettes du parti ont été battues et qu'ils font face à un long et douloureux processus de reconstruction.

Plusieurs députés importants, dont la leader adjointe Megan Leslie, Peter Stoffer, Jack Harris, Paul Dewar, Nycole Turmel et Peggy Nash, ont subi la défaite.

«Quand vous parlez à des gens qui ont sacrifié ces quatre dernières années, toutes les fins de semaine, tous les moments libres, pour vraiment tenter de rejoindre le public et vraiment tenter de trouver des moyens de redonner aux gens confiance envers la démocratie, pour ensuite être emportés dans la vague, cela vous fait assurément songer à votre place dans l'univers», a affirmé M. Angus.

Le chef Thomas Mulcair a passé la journée, mardi, à appeler les membres de son équipe - élus et défaits - pour les remercier du travail accompli.

La question dans l'esprit de plusieurs est de savoir si M. Mulcair demeurera en poste pour les quatre prochaines années, surtout quand quelques personnes se demandent s'il n'a pas lui-même coulé le parti en tentant de l'amener plus au centre afin de charmer de nouveaux électeurs.

Robin Sears, qui a déjà été le directeur national du NPD, affirme que le parti n'est pas enclin à congédier ses chefs.

«Premièrement, vous investissez beaucoup dans l'étiquette du chef, a déclaré M. Sears. Même si les choses ont été difficiles le soir de l'élection, pourquoi faudrait-il considérer cette option immédiatement?»

«Deuxièmement, les courses à la chefferie qui suivent une élection ne sont jamais plaisantes. Elles divisent toujours. Pourquoi faire ça si vous n'en avez pas besoin?»

M. Sears dit qu'il a toujours été «assez déconcerté par l'enthousiasme des autres partis politiques à tuer le roi» tout de suite après une défaite.

«Ça a tellement de conséquences négatives», a-t-il déploré.

Il reste à voir à quel point le blâme sera jeté sur M. Mulcair après ce revers électoral.

Le professeur de sciences politiques à l'Université McMaster Peter Graefe n'anticipe pas beaucoup de changements à la tête du parti pendant au moins quelques mois, alors que le NPD évaluera sa situation financière à la suite de la campagne.

«Je présume que la stratégie principale, peu importe s'il reste ou non, est de trouver un moyen de mettre de l'ordre dans les finances du parti comparativement au fait de mener une course à la chefferie, qui en demande beaucoup au parti», a expliqué M. Graefe.

«Je crois qu'à court terme, les gens vont laisser la poussière retomber. Je crois qu'à ce point, la question sera de savoir s'il y aura une sorte de mutinerie», a-t-il ajouté.

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