L'heure de la reconstruction

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Stephen Harper démissionnera comme chef, mais restera en poste comme député.

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Jennifer Ditchburn
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À l'occasion de son dernier vol de campagne d'Abbotsford, en Colombie-Britannique, jusqu'à Calgary, Stephen Harper a pris place aux côtés de ses plus proches alliés et a commencé à forger le plan pour son retrait comme chef du Parti conservateur.

Ce plan se met en branle, mardi, alors que les politiciens conservateurs et les administrateurs du parti se penchent sur une future course à la direction - seulement la deuxième de la formation politique fusionnée -, tentant de mettre les morceaux en place et reconstruire après un revers électoral dévastateur.

M. Harper s'est montré calme à l'égard de la défaite qui se matérialisait, selon des sources qui ont parlé à La Presse Canadienne, lundi et mardi. Il a discuté séparément avec son conseiller de longue date Ray Novak, et avec le président du parti John Walsh à bord de l'avion.

Un certain nombre de choses surviendront dans l'immédiat. M. Harper démissionnera comme chef, mais restera en poste comme député. Un caucus désormais beaucoup plus maigre votera pour un chef intérimaire. Le nom de l'ancienne ministre Diane Finley est l'un des premiers à avoir circulé. Puis, l'exécutif national constituera un «Comité organisateur de l'élection du chef», qui établira les règles pour une course à la direction.

Tout cela amènera bien sûr le parti dans une période de chambardement - la formation politique ayant essuyé un revers est celle qu'a forgée M. Harper, comblant des postes avec des proches fidèles au fil des années de telle manière qu'il y a eu à peine un murmure de mécontentement en 12 ans.

Parallèlement à la mise en marche d'une course à la direction, les militants analyseront ce qui a cloché dans cette campagne et à qui revient la faute. Le directeur exécutif du Parti conservateur, Dustin van Vugt, est chargé d'entreprendre un processus d'examen de la campagne de 2015. Une source haut placée du parti a indiqué que la formation serait endettée au terme de ces élections, une situation à laquelle les membres ne sont pas habitués.

Tensions internes

Dans un signe des tensions dans l'environnement de M. Harper, la directrice de campagne Jenni Byrne ne se trouvait pas à Calgary le soir du scrutin, et se retrouve sans travail, mardi.

Des sources indiquent que, durant la campagne, des frictions de longue date entre Mme Byrne et le président de campagne Guy Giorno se sont aggravées, et les deux personnalités fortes ont été en grand désaccord sur des éléments de la campagne. Une source interne a affirmé que Mme Byrne avait refusé de remettre une liste détaillée des contacts de candidats à M. Giorno dans les derniers jours.

Éventuellement, l'hostilité entre les deux a aussi entraîné des tensions entre Mme Byrne et M. Novak, la principale personne de confiance de M. Harper.

Une source près de l'état-major de la campagne a affirmé que les groupes témoins et les études sur l'électorat avaient laissé croire que les cartes étaient jouées avant le début de la campagne. Les électeurs conservateurs «en avaient assez du PM (Stephen Harper) et avaient du mal à se résigner à voter pour lui», a relaté cette source.

«Le sentiment de Jenni (Byrne) en tant que directrice de campagne était que la bataille était perdue d'avance», a dit la source, ayant requis l'anonymat.

«Ils ont sous-estimé les sentiments des gens à l'égard du PM, et il y avait un désir de changement plus fort que ce qu'ils avaient réalisé.»

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