Les derniers efforts des chefs

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Thomas Mulcair a été accueilli à Lac-Mégantic par la mairesse Colette Roy Laroche.

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Lina Dib
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À trois jours du vote, Stephen Harper refuse de s'engager à rappeler rapidement le Parlement s'il est élu encore une fois, Gilles Duceppe entame une autre tournée du Québec et Thomas Mulcair croit avoir trouvé le talon d'Achille de Justin Trudeau.

Mardi, les chefs libéral, néo-démocrate et bloquiste ont fait savoir qu'un gouvernement Harper minoritaire ne survivrait pas. Ils s'assureraient de le défaire au premier vote aux Communes.

Vendredi matin, de passage à Québec, le premier ministre sortant n'a pas voulu répondre à un journaliste qui cherchait à savoir si M. Harper s'accrocherait au pouvoir en retardant les travaux parlementaires, après le 19 octobre. «Je vais m'abstenir de spéculer sur des scénarios d'ici à lundi», a-t-il plutôt offert. Pendant ce temps, le Nouveau Parti démocratique (NPD) continuait de taper sur le clou de l'affaire Gagnier.

Le parti demande au commissaire aux élections fédérales de déterminer si l'ex-coprésident de la campagne libérale, Daniel Gagnier, a violé la loi lorsqu'il a donné des conseils au promoteur de l'oléoduc Énergie Est. «Il n'y a aucune autre campagne que je connais, à part la campagne libérale, qui a des gens travaillant sur l'autobus, l'avion et le quartier général de la campagne, travaillant (aussi) pour le compte d'une compagnie privée», a lancé M. Mulcair, lors d'un point de presse à Lac-Mégantic.

Est-ce donc dire que les libéraux sont pires que les conservateurs lorsqu'il est question de sens éthique? «Les scandales des partis libéral et conservateur se suivent et se ressemblent», a répliqué M. Mulcair.

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«Quand on a appris qu'il avait posé un geste inapproprié en mêlant ses deux rôles-là, il a assumé les conséquences de ce qu'il a fait et s'est retiré de notre campagne», a résumé Justin Trudeau, en parlant de M. Gagnier.

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Le chef conservateur, lui, s'est limité à attaquer son rival libéral. «C'est encore la culture du scandale des commandites du Parti libéral qui persiste», a-t-il accusé.

M. Trudeau, lui, a réitéré sa défense de la veille. «Quand on a appris qu'il avait posé un geste inapproprié en mêlant ses deux rôles-là, il a assumé les conséquences de ce qu'il a fait et s'est retiré de notre campagne», a-t-il résumé, en parlant de M. Gagnier.

«Ke-tching!»

Depuis le début de la semaine, Stephen Harper donne à sa caravane électorale l'allure d'une foire ambulante. Et son arrêt à Québec n'a pas fait exception.

«Ke-tching!», résonnait le bruit de la caisse enregistreuse pendant qu'une militante conservatrice déposait des billets de banque sur une table pour illustrer ce qu'il y aurait à perdre si M. Harper n'est pas réélu. Comme la veille, à Trois-Rivières, la petite foule de 150 personnes à Québec semblait grandement apprécier le numéro.

Et aussi comme la veille, c'est lorsqu'il a été question d'interdire le niqab aux cérémonies de citoyenneté que ce public a réagi le plus. Ils se sont tous levés, scandant «Harper! Harper!». C'est un pan du discours que le chef conservateur réserve au public québécois. Depuis le début de la semaine, accompagné par le «ke-tching», il se contente de parler économie et impôts dans le reste du pays.

Promesses à répéter et maires à rencontrer

M. Mulcair a été accueilli à Lac-Mégantic par la mairesse Colette Roy Laroche, et a rappelé les promesses de son parti pour cette petite communauté, notamment la construction d'une voie de contournement pour le chemin de fer.

M. Trudeau faisait campagne à Mississauga, en banlieue de Toronto, dans une maison de retraite, avec une autre mairesse célèbre: Hazel McCallion. Le chef libéral voulait rassurer les personnes âgées; quoi qu'en disent les conservateurs, il n'annulera pas le fractionnement du revenu pour les retraités.

Ce message, la mairesse à la retraite le répète dans une publicité libérale où elle accuse Stephen Harper de chercher à faire peur aux personnes âgées. La publicité se termine sur un gros plan de la dame de 94 ans: «Stephen, trouvez-vous que j'ai l'air d'avoir peur?»

M. Harper n'a pas voulu répondre à la demande des maires de Québec et de Lévis qui veulent maintenant qu'Ottawa achète le pont rouillé de Québec. «On peut examiner d'autres options mais la réalité est [...] qu'on veut que le CN vienne à la table», s'est contenté de répéter M. Harper.

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