Un candidat conservateur chassé pour avoir proné la «guérison» des gais

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Jagdish Grewal aux côtés du chef du Parti conservateur, Stephen Harper

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Jennifer Ditchburn
La Presse Canadienne

Un candidat conservateur de la région de Toronto ayant défendu les thérapies visant à ramener les gais sur le chemin de l'hétérosexualité a été exclu par le Parti conservateur.

Jagdish Grewal, candidat dans Mississauga-Malton, avait même écrit un éditorial sur le sujet dans lequel il qualifie l'homosexualité de «comportement contre nature». Il avait publié cet éditorial plus tôt cette année dans le journal Punjabi Post, avec le titre: «Est-ce mal pour un homosexuel de vouloir devenir normal?».

Le Parti conservateur a indiqué, mardi soir, que M. Grewal n'était plus un candidat officiel du parti. La porte-parole Catherine Loubier a affirmé par courriel que les propos de M. Grewal ne «reflétaient pas le point de vue du Parti conservateur du Canada».

«Nous pensons que tous les Canadiens - peu importe leur race, leur religion, leur sexe ou leur orientation sexuelle - méritent d'être traités avec respect et dignité», a-t-elle fait valoir.

Même si les conservateurs ont exclu M. Grewal, son nom ne pourra pas être retiré du bulletin de vote puisque la période des mises en candidature s'est terminée la semaine dernière.

Dans son éditorial, M. Grewal fait référence à un projet de loi d'initiative parlementaire déposé par un député néo-démocrate provincial qui a été adopté par l'Assemblée législative ontarienne en juin, et qui met un terme au financement public des services visant à «changer ou influencer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'un patient». Des membres influents du Parti progressiste conservateur de l'Ontario avaient alors appuyé le projet de loi.

M. Grewal écrit que selon certains psychologues, l'homosexualité est causée par un traumatisme subi durant l'enfance, mais que ce changement peut être «corrigé».

«Si un parent a le droit d'établir des lignes directrices pour ses enfants en matière d'éducation, de carrière et de santé, pourquoi n'a-t-il pas le droit de vouloir renforcer l'hétérosexualité naturelle de sa progéniture?», s'interrogeait M. Grewal dans son éditorial.

En entrevue mardi, il a déclaré qu'il ne voulait qu'informer les lecteurs sur un enjeu qui faisait les manchettes, en exposant les points de vue des différents partis politiques provinciaux et des psychologues. Il a dit ne pas se souvenir des noms des psychologues cités dans son texte. Dans l'éditorial, il évoque l'Alliance for Therapeutic Choice and Scientific Integrity, un groupe américain qui propose des thérapies aux personnes souffrant «d'attirances homosexuelles non désirées».

«Oui, il y a des enfants qui ont des tendances, qui ressentent certaines attirances, réaffirmait mardi M. Grewal. Mais si un enfant confie à ses parents qu'il veut changer, alors ces derniers devraient avoir le droit de le ramener sur le chemin de l'hétérosexualité.»

Le texte de M. Grewal n'évoque pas les critiques formulées par les professionnels de la santé relativement à ces thérapies «réparatrices» ou «de conversion». Ainsi, la Société canadienne de pédiatrie estime qu'en ce qui a trait à l'orientation sexuelle des adolescents, ce type de traitement ne devrait pas être administré, d'abord parce qu'il ne fonctionne pas, mais aussi parce qu'il peut accroître les sentiments de culpabilité et d'angoisse chez les jeunes.

L'éducation sexuelle au coeur du débat

Un dépliant récemment distribué dans la circonscription et portant la mention «Autorisé par l'agent officiel de Jagdish Grewal» en petits caractères reprend une photo du chef libéral, Justin Trudeau, et de la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, prise durant le défilé de la fierté gaie de Toronto, et titrée «Est-ce que cela correspond aux priorités de votre famille?».

Certaines communautés culturelles se sont opposées au nouveau programme d'éducation sexuelle mis de l'avant par le gouvernement ontarien de Kathleen Wynne, qui traite notamment d'orientation sexuelle, d'identité de genre et d'homophobie. Jagdish Grewal soutient avoir reçu de nombreuses plaintes d'électeurs musulmans, sikhs et hindous choqués par ce programme provincial - que c'était même le principal sujet de discussion lorsqu'il faisait du porte à porte.

Le principal adversaire de M. Grewal dans Mississauga-Malton, l'ex-député libéral Navdeep Bains, n'est pas d'accord. Selon lui, la population comprend très bien qu'un député fédéral ne peut réformer un programme éducatif provincial. «Le taux de chômage est élevé (à Mississauga-Malton) - plus élevé que la moyenne nationale -, le taux de chômage chez les jeunes est élevé et les gens sont inquiets face à l'économie et à leur emploi, a-t-il affirmé. Voilà les questions qui les préoccupent.»

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, avait demandé à Stephen Harper d'exclure le candidat Grewal, pour «ses propos homophobes inacceptables».

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