Le Partenariat transpacifique s'invite dans la campagne

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Des dizaines de fermiers inquiets ont manifesté sur la colline parlementaire mardi.

Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

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La Presse Canadienne

Stephen Harper ne veut pas dire quelle concession il a fait, s'il en a fait, à la table de négociations du Partenariat transpacifique (PTP).

Le chef conservateur était dans la région de Toronto, mardi matin, pendant que des dizaines de fermiers manifestaient sur la colline parlementaire à Ottawa, avec leurs tracteurs et leurs vaches, inquiets de ce qui se trame aux négociations du PTP, à Atlanta.

«On ne veut pas servir de monnaie d'échange pour d'autres industries», s'est inquiété Peter Strebel, propriétaire d'une ferme laitière à Saint-Jean-sur-Richelieu.

«Nous avons toujours dit que nous défendrons notre système de la gestion de l'offre dans nos négociations internationales de commerce», a martelé M. Harper, à des lieues de la colline.

Et pendant que le premier ministre sortant tentait de calmer le jeu, en offrant le moins d'information possible, ses ministres publiaient des communiqués vantant l'utilité du PTP pour certaines industries.

Ainsi, a-t-on eu droit, mardi, aux déclarations par écrit du ministre des Ressources naturelles et de la ministre des Pêches et des Océans. «Le PTP donne au secteur du poisson et des produits de la mer une autre occasion de croissance sans précédent», écrivait la ministre Gail Shea. «Le PTP permettra d'éliminer (d)es obstacles commerciaux [...] et de créer un environnement commercial prévisible pour les créateurs d'emplois», renchérissait son collègue Greg Rickford.

Plusieurs s'attendent à ce que cette entente de libre-échange entre 12 pays aboutisse vendredi. Et les agriculteurs craignent que le gouvernement canadien y sacrifie le système de la gestion de l'offre.

Des représentants des agriculteurs québécois et des ministres du gouvernement Couillard font d'ailleurs le voyage jusqu'à Atlanta où se déroulent les négociations cette semaine, pour mettre de la pression sur le ministre fédéral du Commerce international, Ed Fast, qui s'y rend, on suppose, pour finaliser l'exercice.

À un arrêt de campagne électorale, mardi matin à Vaughan, en Ontario, M. Harper a répété que son gouvernement agit dans le meilleur intérêt de toutes les industries canadiennes.

Le chef conservateur a ajouté un nouvel argument pour rassurer les inquiets. «La présence d'un tel système (de gestion de l'offre) est une décision pour les Canadiens, ce n'est pas une décision pour les pays étrangers», a-t-il déclaré, tout en refusant de dire si Ottawa avait fait des concessions à ce chapitre.

À Winnipeg, son rival libéral n'a pas voulu s'engager dans le débat qui s'enflamme autour de la signature possible d'un PTP.

«M. Harper, malgré toute son opacité et son approche secrète, nous assure qu'il n'a pas mis la gestion de l'offre sur la table. Tant qu'on ne saura pas (ce qu'il y a) dans le deal, je ne veux pas entrer dans des (questions) hypothétiques», s'est contenté de déclarer Justin Trudeau.

En campagne à Iqaluit, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a confié la bataille à ses candidats. Ainsi, Mathieu Ravignat, député sortant du comté de Pontiac, s'est-il présenté à la manifestation sur la colline pour signifier son appui aux agriculteurs et au maintien de la gestion de l'offre telle quelle. Sa collègue Ruth Ellen Brosseau publiait un communiqué pour tenir le même discours.

Le chef du Bloc québécois, en campagne à Montréal, cherche depuis le mois d'août à parler de PTP. «L'accord transpacifique, c'est vraiment un coup qui pourrait s'avérer mortel à la gestion de l'offre, une partie excessivement importante de l'agriculture québécoise», a insisté Gilles Duceppe, mardi. Le chef bloquiste a rappelé qu'aucun des autres leaders n'a voulu s'engager, lors du débat de jeudi dernier, à refuser de signer le PTP si la gestion de l'offre n'était pas maintenue intégralement.

Promesses et objectifs

M. Mulcair a profité de sa visite à Iqaluit pour promettre 32 millions$ qui serviraient à inclure dans le programme Nutrition Nord 50 communautés qui en ont été exclues par le gouvernement Harper. Ce programme doit rendre plus abordable le coût des aliments dans les régions nordiques isolées.

«Stephen Harper aime bien venir faire des séances de photos dans les collectivités nordiques, mais il a été incapable de répondre à l'une des préoccupations les plus fondamentales des familles: l'accès à des aliments abordables», a affirmé le leader néo-démocrate dans un communiqué diffusé à son arrivée au Nunavut.

Plus tôt dans la journée, le chef libéral a promis 200 millions$ par an, pendant trois ans, pour soutenir les incubateurs et les accélérateurs d'entreprises et pour financer de la recherche dans le but de développer les produits à exporter de petites entreprises. Il a également promis 100 millions$ par an, pendant trois ans, pour un programme d'aide à la recherche industrielle.

Le chef conservateur, lui, avait un objectif, plutôt qu'une promesse électorale, à présenter mardi.

Reprochant à ses rivaux de ne parler que de logement social, M. Harper a brandi le nombre de nouveaux propriétaires dans les 10 dernières années comme un succès de son gouvernement. Et il a annoncé son objectif pour les cinq années à venir: 700 000 nouveaux propriétaires d'ici 2020.

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