Mulcair dénonce le ton «toxique» de la campagne

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Dans un discours à Montréal, mercredi après-midi, Thomas Mulcair a dénoncé la «caricature publicitaire» et autres discours «négatifs» qui utilisent le niqab pour s'attirer des votes le 19 octobre.

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Lina Dib
La Presse Canadienne

Au 53e jour de la campagne électorale, Thomas Mulcair a cherché à se mettre au-dessus de la mêlée, jugeant que le discours était devenu «toxique».

Le chef néo-démocrate cherchait, du même coup, à éviter que sa position sur le niqab ne lui nuise lors du débat des chefs prévu le lendemain.

M. Mulcair, tout comme Justin Trudeau, ne veut pas d'une loi qui forcerait toute personne à se présenter à visage découvert pour prêter serment de citoyenneté. Stephen Harper et Gilles Duceppe sont en faveur de pareille loi et estiment qu'ils sont au même diapason que la majorité des Québécois, public cible du débat télévisé de jeudi.

Dans un discours à Montréal, mercredi après-midi, M. Mulcair a dénoncé la «caricature publicitaire» et autres discours «négatifs» qui utilisent le niqab pour s'attirer des votes le 19 octobre.

«Depuis plusieurs jours déjà, cette campagne a pris un tournant négatif, plus vicieux et plus divisif que jamais, tout à fait comme le souhaitent Stephen Harper et les conservateurs», a-t-il lâché, citant aussi le dossier des réfugiés syriens où M. Harper, selon lui, oppose «nous» à «eux».

Il a présenté son parti comme le plus inclusif, écorchant aussi au passage un autre Trudeau.

«Rappelez-vous qu'en 1970, Pierre Elliott Trudeau a imposé la loi sur les mesures de guerre et qu'il a envoyé des centaines de Québécois en prison sans accusations et sans procès. La seule et unique voix à s'élever contre cette oppression des droits de l'homme à Ottawa était le NPD de Tommy Douglas», s'est souvenu M. Mulcair.

Mais c'est à la porte de M. Harper qu'il a déposé le plus de blâme pour le ton de la campagne électorale actuelle, parlant du «sac à malices» des conservateurs.

Sur le niqab, M. Mulcair a répété sa position, sans équivoque.

«Personne n'a le droit de dire à une femme ce qu'elle doit porter ou ne pas porter», a tranché M. Mulcair, après avoir dit qu'il comprend qu'on puisse voir dans le niqab «un symbole d'infériorité et d'oppression envers les femmes».

Dans une publicité mise en ligne cette semaine, les conservateurs tentent de s'attirer les votes des Québécois, en parlant du niqab.

«Les valeurs des Québécois et des Québécoises sont les priorités de notre gouvernement», dit M. Harper dans le spot publicitaire. «Ils veulent des nouveaux citoyens qui prêtent serment à visage découvert», ajoute-t-il, alors que quatre personnes assises autour de la même table que lui hochent la tête, en signe d'accord.

Les animateurs du grand débat, Yves Boisvert (à... (Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Les animateurs du grand débat, Yves Boisvert (à droite), Anne-Marie Dussault (au centre) et Patrice Roy (à gauche)

Bernard Brault, La Presse

Les chefs se préparent au débat de jeudi

M. Mulcair était le seul à faire un discours public, mercredi, les autres étant tous occupés à se préparer au débat du lendemain.

M. Trudeau s'est fait photographier s'entraînant dans un gymnase, comme à la veille du premier débat de cette campagne, en août.

En l'absence de M. Duceppe, le Bloc québécois a publié le cadre financier de ses exigences électorales, présentant des calculs qui en 2017-2018 mèneraient à un budget équilibré et au règlement du déséquilibre fiscal que les bloquistes continuent de dénoncer.

Sans M. Harper, le Parti conservateur a promis de rétablir le statut universitaire du Collège militaire royal de Saint-Jean.

En entrevue à La Presse Canadienne, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a confié qu'elle concentrerait toutes ses attaques du débat de jeudi contre Stephen Harper.

«Je ne perds pas mon temps à attaquer M. Trudeau ou M. Mulcair parce que je veux travailler avec eux deux, après les élections», a expliqué Mme May.

Cette collaboration espérée par Mme May se concrétiserait dans un éventuel gouvernement minoritaire mené par les libéraux ou les néo-démocrates. Quant à M. Duceppe, elle a dit ne plus le reconnaître, se disant «horrifiée» par le discours bloquiste sur le niqab.

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