Les enjeux municipaux au coeur de la campagne

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime qu'un nouveau... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime qu'un nouveau partenariat doit nécessairement passer par «l'autonomie municipale».

Patrick Woodbury, LeDroit

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«Celui qui figurera comment financer le train léger à Ottawa aura le droit d'être premier ministre.»

Les paroles du maire de Calgary, Naheed Nenshi, prononcées mercredi en clôture d'une première d'une série de cinq conférences présentées à l'Université d'Ottawa (Ud'O) en vue des élections fédérales, visaient à rappeler une évidence. «Les enjeux des villes sont des enjeux pour le Canada», a-t-il insisté via une téléconférence par l'entremise du réseau social Facebook.

Deux panels regroupant des chercheurs de l'Ud'O, mais aussi des maires et des candidats au scrutin fédéral du 19 octobre prochain ont discuté de l'importance des infrastructures municipales mercredi. Ce thème, à leur avis, est abordé pour l'une des premières fois en campagne électorale sur la scène nationale.

«C'est incroyable ce que nous avons réussi à bâtir malgré nos contraintes financières. Le moment est toutefois venu de prendre les bonnes décisions municipales. Ce sont les villes qui font carburer l'économie», a martelé M. Nenshi.

À cet effet, un spécialiste en infrastructures essentielles de l'Ud'O a rappelé comment la tendance fédérale en matière de financement a complètement chaviré depuis le siècle dernier.

Selon Éric Champagne, la responsabilité et le fardeau de maintenir et de renouveler les infrastructures représentait 22% des budgets des municipalités en 1955. Le gouvernement du Canada, lui, investissait 44% de ses deniers dans les ponts, les routes, le transport en commun, les égouts et ainsi de suite.

En 2015, 53% des fonds municipaux sont consentis pour de telles infrastructures, tandis que le fédéral ne verse que 13% de ses recettes.

«Ce sont des dizaines d'années de sous-financement d'infrastructure qu'on tente de rattraper. Mais ce n'est pas un problème politique. C'est un problème de mathématique», a commenté à son tour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en parlant du manque de financement.

«Nous observons un retard de 1,3 milliard $, non pas pour de nouvelles infrastructures, mais pour avoir des infrastructures adéquates», a-t-il ajouté.

Le maire de Gatineau estime qu'un nouveau partenariat doit nécessairement passer par «l'autonomie municipale». Selon M. Pedneaud-Jobin, une province ou le gouvernement fédéral ne doit pas nécessairement faire de la microgestion ou établir une série de conditions avant de verser des fonds, même pour des initiatives qui ne sont pas de compétence municipale.

«Au bout du compte, qui gère la ville au complet? a-t-il questionné. Il y a des maires qui ont relevé des défis, sans les ressources financières nécessaires, qui ne sont pas du champ de compétence des villes.

«Ils sont les meilleurs pour agir. L'autonomie municipale est la meilleure façon pour développer des solutions.»

L'événement de mercredi soir a été organisé dans le cadre de iVote-jeVote, une initiative visant à contrer la chute de participation aux élections au Canada, en particulier chez les groupes sous-représentés.

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