Port du niqab : le Bloc se pose en unique défenseur des valeurs québécoises

Le débat sur le vote et les cérémonies... (PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES PC)

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Le débat sur le vote et les cérémonies d'assermentation à visage découvert s'invite dans la campagne électorale.

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La Presse Canadienne
Sherbrooke

SHERBROOKE - Le Bloc québécois veut se poser comme l'unique défenseur des «valeurs québécoises» dans le débat sur le vote et les cérémonies d'assermentation à visage découvert

Alors que la Cour d'appel fédérale a donné raison hier à Zunera Ishaq, une Pakistanaise d'origine qui souhaitait porter le niqab au cours de sa cérémonie de citoyenneté, le chef bloquiste a jugé que seules ses troupes étaient à même de défendre les valeurs québécoises dans ce dossier. «Les hommes et les femmes au Québec ne veulent pas que les femmes s'effacent de l'espace public», a-t-il lancé hier lors d'un cocktail de financement dans un vignoble de Sherbrooke.

Le parti conservateur a affirmé que, s'il était reporté au pouvoir, il présenterait un nouveau projet de loi pour s'assurer que les assermentations soient effectuées à visage découvert. Mais M. Duceppe a des doutes, compte tenu de l'argumentaire de l'avocat du fédéral, qui avait plus tôt dans la journée plaidé que le gouvernement n'avait jamais voulu rendre obligatoire de se dévoiler le visage. M. Duceppe voit ce plaidoyer comme un changement de cap des conservateurs, qui «se sont aperçus qu'ils sont en train de perdre Toronto».

«Il y a trois partis qui vont venir tenter de vous dire : "Nous, on défend les valeurs québécoises." Mais ce n'est pas vrai, ça. Dans les valeurs québécoises, il n'y a pas une telle chose que de s'effacer de l'espace public. On n'acceptera jamais ça», a lancé M. Duceppe à ses militants.

Libéraux et néo-démocrates sont tous deux en accord avec le port du niqab au cours des cérémonies d'assermentation.

Politique étrangère

Plus tôt dans la journée, M. Duceppe avait surtout parlé de politique étrangère. Il arrive dans l'histoire du monde des moments où l'on n'a pas d'autre choix que d'intervenir militairement, et la situation en Syrie et en Irak est de ceux-là, croit Gilles Duceppe. Le chef bloquiste pousse la note et affirme qu'un Québec indépendant aurait choisi de participer à l'actuelle mission contre le groupe armé État islamique.

En défendant les frappes aériennes dans cette région du Moyen-Orient, M. Duceppe adopte une position différente de celle qu'il avait prise en 2003 - il était alors contre l'intervention militaire du Canada en Irak - et contraire à celle de son parti le printemps passé.

Selon M. Duceppe, ce sont les visées expansionnistes du groupe islamiste radical qui justifient une intervention des forces canadiennes. «Je pense que c'est là, la différence majeure», a-t-il soutenu en point de presse à Sherbrooke, hier.

Quant à la possibilité de déployer des troupes au sol, M. Duceppe juge qu'il «n'a pas les éléments pour parler de ça».

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