Pape: décision «sage», mais «étonnante»

Le pape Benoît XVI au Vatican, en 2005.... (PHOTO DOMENICO STINELLIS, ARCHIVES AP)

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Le pape Benoît XVI au Vatican, en 2005.

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Départ de Benoît XVI
Départ de Benoît XVI

Le pape Benoît XVI a créé la surprise en annonçant qu'il renonçait à ses fonctions, officiellement pour des raisons de santé. Qui lui succédera à la tête de l'Église catholique et de son milliard de fidèles? »

L'archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher, a été étonné d'apprendre que le pape Benoît XVI allait quitter ses fonctions à la fin février, mais estime qu'il s'agit d'«une décision qui est sage».

«Personne ne s'attendait à ça, a réagi Mgr Durocher, quelques heures après l'annonce de la démission du pape. J'ai des amis qui travaillent au Vatican, et personne ne soupçonnait que cette annonce-là s'en venait. Par contre, j'ai eu la chance de passer 15 minutes en tête-à-tête avec lui en novembre à titre de vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, et il était courtois comme à l'habitude, très attentif, très éveillé et même enjoué, mais je pouvais voir la fatigue, la lenteur de ses mouvements, la faiblesse de sa voix. [...] Il a pris en considération quels sont les besoins de l'Église et a décidé qu'il était mieux qu'il se retire.»

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Son homologue d'Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, a quant à lui salué le courage de Benoît XVI. «Il m'est arrivé à quelques reprises au cours des dernières années - y compris lors de ma dernière rencontre avec le pape le 16 janvier dernier - de me demander pour combien de temps encore un homme avec une santé devenue aussi fragile pourrait exercer un ministère aussi exigeant», a commencé par dire l'archevêque d'Ottawa, lundi après-midi.

«Je suis plein d'admiration devant le courage de Benoît XVI qui renonce à exercer le ministère pétrinien après être parvenu à la certitude que ses forces physiques et intellectuelles ne lui permettaient plus de remplir de façon adéquate ce ministère», a ajouté Mgr Prendergast.

Un conclave sera maintenant organisé de manière à choisir un nouveau pape d'ici la fin du mois de mars. Parmi ses successeurs potentiels, on mentionne d'emblée le cardinal québécois Marc Ouellet, qui est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques.

«La course est toujours serrée, note Mgr Durocher. [...] C'est une discussion qui est toujours en cours dans les milieux romains, et depuis de nombreuses années, le nom du cardinal Ouellet est ébruité. C'est un homme très respecté, avec ses capacités intellectuelles et de travail, sa constance et son intégrité. Il est aussi un homme qui est dans la tradition intellectuelle de Benoît XVI, mais il y a plusieurs hommes de grande qualité parmi les cardinaux.»

Mgr Prendergast a pour sa part confié avoir prié pour le successeur de Benoît XVI, lundi, qui «aura la tâche de diriger l'Église dans ces temps de grands défis à annoncer et vivre pleinement notre foi».

Évoquant une santé chancelante, le pape Benoît XVI a annoncé lundi qu'il démissionnera le 28 février, devenant ainsi le premier souverain pontife à prendre cette décision en près de 600 ans. Le pape de 85 ans a annoncé sa décision en latin, à l'occasion d'une rencontre avec des cardinaux au Vatican lundi matin.

Il a expliqué que le devoir d'un pape - le leader de plus d'un milliard de catholiques à travers le monde - nécessite à la fois «la vigueur du corps et de l'esprit». Benoît XVI a déclaré que sa décision est «de grande importance pour la vie de l'Église».

«Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien, a-t-il déclaré aux cardinaux. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les oeuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière».

Le dernier pape à avoir démissionné était Grégoire XII, qui avait quitté ses fonctions en 1415 pour mettre fin au grand schisme d'Occident né de la rivalité entre différents prétendants à la papauté.

Avec Associated Press

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