Du colonel Panet à l'ambassadeur angolais (en vidéo)

Jonathan Blouin
Le Droit

L'ancien colonel Charles-Eugène Panet ne la reconnaîtrait plus. Érigée il y a 136 ans à l'angle de l'avenue King Edward et de la rue Laurier, son immense maison a connu une histoire mouvementée depuis sa mort, en 1898.

Menacé deux fois de démolition, l'édifice qui abrite aujourd'hui l'ambassade de l'Angola a néanmoins bravé les décennies.

« Sauf son majestueux escalier en bois, tout le reste a été modernisé au fil du temps. On voit moins, maintenant, que c'était une maison familiale », explique l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa, Michel Prévost.

Deux restaurations majeures orchestrées récemment par la Fondation Chalmers et les représentants angolais ont cependant permis de redonner un peu de lustre à cet édifice au riche passé avec la communauté franco-ontarienne.

Le portique et l'entrée de l'édifice, très détaillés, avaient été perdus avec les années, mais ont été habilement refaits.

Avocat, sénateur, puis sous-ministre de la Milice et de la Défense, le colonel Panet fait partie d'une des grandes familles du Canada français.

On reconnaît d'ailleurs le style Second Empire de l'époque par le toit en mansarde et la grosse pierre calcaire. À l'intérieur du bâtiment, presque tout a disparu, mis à part quelques vestiges d'anciens foyers.

« Ne cherchez pas les belles boiseries de l'époque. Ne cherchez pas le caractère de maison bourgeoise du xixe siècle. Ç'a été transformé en grands bureaux, comme celui de l'ambassadeur au deuxième étage. On a rendu l'édifice très fonctionnel pour l'ambassadeur, mais pour le caractère patrimonial, faudra repasser... Cette maison-là est protégée pour son extérieur », fait remarquer M. Prévost.

Après la mort du colonel Panet, la maison a été vendue, puis convertie en immeuble à logements, avec l'ajout d'un troisième étage. Elle a été achetée par la Ville d'Ottawa en 1965.

Souvent menacée

« Elle a été menacée à plusieurs reprises. D'abord en 1968, lorsque la Ville a voulu élargir l'avenue King Edward, puis en 1975, alors qu'on voulait la remplacer par une caserne de pompiers », explique-t-il.

Une levée de boucliers dans le quartier Côte-de-Sable a finalement forcé la Ville à revoir ses plans. La caserne a été construite de l'autre côté de la rue. Et l'ancienne « Maison Panet » n'a plus été inquiétée. Même que depuis le milieu des années 1980, l'édifice est inscrit dans le district de conservation du patrimoine de l'avenue King Edward.

Sauf qu'au lieu de restaurer la « Maison Panet », l'administration municipale l'a vendue au promoteur Andrex Holdings. Après avoir déboursé 440 000 $ pour l'achat et les rénovations, le promoteur a réussi à revendre son nouveau joyau 1,5 million $ en 1990. Le deuxième ambassadeur angolais de l'histoire au pays, Agostinho Tavares da Silva Neto, qui a présenté ses lettres de créance au gouverneur général du Canada en septembre dernier, y réside depuis près d'un an avec ses cinq enfants.

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