Les syndicats dénoncent les «tours de passe-passe»

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Budget fédéral 2011
Budget fédéral 2011

Consultez notre section spéciale sur le budget 2011 du gouvernement du Canada déposé par le ministre des Finances, Jim Flaherty. »

Paul Gaboury
Le Droit

Les dirigeants syndicaux du secteur fédéral étaient particulièrement déçus du budget Flaherty, certains y voyant des «tours de passe-passe» qui n'annoncent rien de bon pour les services aux Canadiens et les fonctionnaires fédéraux.

«En enlevant brique après brique, le gouvernement ne rénove pas nos institutions, il les attaque», croit le président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Claude  Poirier. «Ce gouvernement nous donne l'illusion qu'il n'a rien pris avec sa main, mais dans l'autre il a votre montre. Ce sont des tours de passe-passe. Tout a l'air positif, mais dans les faits, il réduit les dépenses de 11 milliards en faisant des économies sur le dos des travailleurs et en réduisant les services à la population.»

Dans le budget Flaherty, le gouvernement veut entreprendre un nouvel examen stratégique de tous les ministères fédéraux avec un objectif de couper un 5% additionnel dès le budget 2012, ce qui devrait représenter des économies de 11 milliards $ sur cinq ans. Ces montants s'ajoutent aux compressions qui ont été imposés successivement, et ce depuis 2007, à des dizaines de ministères fédéraux qui ont dû les absorber en réduisant les programmes et en modifiant leurs pratiques. Mais les syndicats devront attendre au prochain budget pour vraiment connaître l'impact de ces nouvelles compressions.

«Au cours des dernières rondes de cet examen des programmes, le gouvernement ne nous a pas consultés alors que nous aurions dû l'être. En plus d'être plus transparent, le gouvernement devrait commencer à nous consulter», a fait valoir Jérôme Turcq, vice-président exécutif national pour le Québec de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Sous-traitance

L'AFPC s'inquiète de la tangente prise par le gouvernement en faveur de la sous-traitance, et craint que ce budget n'accentue encore davantage le problème.

«Il dit qu'il va recevoir de l'aide du privé (pour le prochain examen stratégique). Est-ce que cela veut dire qu'il inclut plus de travail en sous-traitance? Nous avons de bonnes raisons d'être inquiets» a mentionné M. Turcq. Il rappelle aussi que plusieurs groupes n'ont toujours pas accepté de perdre l'indemnité de départ, contrairement à l'impression laissée dans le budget voulant que cette question sera réglée dans le cadre des prochaines négociations avec les employés fédéraux. «Il y a des groupes qui ont accepté, mais d'autres ne l'ont pas accepté», a rappelé M. Turcq.

«Il n'y a absolument rien dans ce budget et le gouvernement n'a pas retenu les solutions que nous avons proposé pour aider les services publics», a fait valoir Debi Daviau, de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC). Le syndicat estime que le gouvernement a fait la sourde-oreille aux propositions formulées par ses membres pour réduire la sous-traitance, par exemple, cette fonction publique fantôme pour laquelle il dépense quelques milliards $ par année. «Cela démontre qu'il est davantage préoccupé par ses visées électoralistes que par les priorités des Canadiens», croit la vice-présidente de l'IPFPC.

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