Une année 2012 mouvementée en éducation

Un mot: injonction (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Martin Roy, Archives LeDroit

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Un mot: injonction

Avant que la Cour supérieure n'émette, le 13 avril dernier, une injonction pour forcer la reprise des cours à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), la grève étudiante se déroulait assez calmement. Les carrés rouges n'ont pas digéré cette décision du tribunal, puisque la grève avait été votée en assemblée générale par les étudiants. La semaine du 16 au 20 avril a ainsi été marquée par de nombreux affrontements entre policiers et manifestants qui s'opposaient à la reprise des cours, tel que l'ordonnait l'injonction. Le 1er mai, c'était au tour du Cégep de l'Outaouais d'être forcé de reprendre les cours en raison d'une injonction obtenue par un groupe d'étudiants opposés à la grève. Comme ce fut le cas avec l'UQO, le Cégep a tenté, en vain, de faire lever l'injonction. En raison des dérapages observés deux semaines plus tôt à l'UQO, la direction du Cégep a choisi de ne pas faire appel aux policiers pour faire respecter l'injonction. Les grévistes ont envahi pendant plusieurs journées les corridors du cégep pour empêcher, avec succès, la tenue des cours. Le Cégep a même fait l'objet d'une citation pour outrage au tribunal, qui est finalement tombée le 11 mai, lorsque la grève s'est terminée au terme d'un vote très serré.

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Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Un lieu: l'UQO

L'Université du Québec en Outaouais (UQO) a été le théâtre d'intenses affrontements entre policiers et manifestants qui s'opposaient à la tenue des cours, au printemps dernier. La situation a notamment dégénéré le 18 avril, lorsque quelque 200 manifestants qui s'étaient dirigés sur la promenade du Lac-des-Fées ont été pris entre deux lignes de l'escouade antiémeute. Plus de 160 personnes ont été arrêtées et ont reçu des constats d'infraction émis en vertu du Code de la sécurité routière. Le lendemain, c'est au pavillon Lucien-Brault que les affrontements ont eu lieu, alors que des manifestants étaient venus de Montréal pour appuyer les grévistes de l'Outaouais. Chargés par les manifestants devant une porte de l'établissement, les policiers ont distribué des coups de matraque en quantité. Deux manifestants ont quitté les lieux en ambulance, la tête ensanglantée. Une centaine de grévistes ont réussi ce jour-là à pénétrer dans le pavillon, pour y occuper la cafétéria. Bilan de la journée: 151 arrestations. «La semaine du 16 avril à l'UQO aura été la plus sombre dans l'histoire de l'université», avait confié quelques semaines plus tard le recteur, Jean Vaillancourt, qui a été visé par de nombreuses critiques au sujet de sa gestion de la crise étudiante. Le syndicat des professeurs a notamment adopté une résolution demandant sa démission.

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Archives, LeDroit

Des personnages: les chauffeurs d'autobus

Les parents de plusieurs milliers d'écoliers de l'Outaouais ont dû se préparer un plan B pour reconduire leurs enfants à l'école, cet automne, alors que des centaines de chauffeurs d'autobus scolaires menaçaient de déclencher une grève. Les commissions scolaires ont aussi dû prévoir ouvrir les portes des écoles plus tôt le matin et plus tard à la fin des classes pour accueillir les enfants transportés, mais n'ont finalement pas eu à mettre en place ce plan d'action. Les chauffeurs d'Autobus Outaouais, Bigras Transport et J.J. Campeau en sont venus à des ententes avec leurs employeurs respectifs, tandis que la grève est toujours possible, au début 2013, pour les syndiqués d'Autobus LaSalle et Autobus des Collines. Les principaux points en litige sont la rémunération et le nombre d'heures de travail par semaine.

Un chiffre: 100 ans Saint-Alex

Si les Pères du Saint-Esprit se sont installés aux abords de la rivière Gatineau en 1905, c'est en 1912 qu'est né le Collège apostolique Saint-Alexandre de la Gatineau, qui a ainsi célébré son centenaire au cours de la dernière année. Il fut un collège classique jusqu'à la fin des années 1960. Aujourd'hui devenu un établissement d'enseignement secondaire privé, il accueille chaque année un millier d'élèves. Les classes du Collège Saint-Alexandre étaient autrefois réservées aux garçons, mais les filles y ont été admises en 1991, lorsque les Pères du Saint-Esprit ont cédé le collège à une corporation laïque. Le site a reçu une reconnaissance patrimoniale de la Ville de Gatineau en 1996. Le Collège a aussi vu plusieurs de ses anciens élèves faire leur marque, comme le cinéaste Philippe Falardeau et le producteur Luc Déry, dont le film Monsieur Lazhar a été en nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Diverses activités ont été organisées pendant l'année 2012 afin de célébrer ce centenaire, dont un grand rassemblement, à la fin mai.

Une résolution: un rattrapage

Les dirigeants des établissements postsecondaires de l'Outaouais ont beau être payés par le gouvernement du Québec, cela ne les empêche pas d'accuser cette même instance de sous-financer l'enseignement supérieur dans la région. L'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais (ACESO) revendique donc un important «rattrapage» dans l'offre de programmes, tant au niveau collégial qu'universitaire, afin d'éviter l'exode des jeunes vers Ottawa ou vers d'autres régions du Québec. L'ACESO déplore notamment que l'Université du Québec en Outaouais compte 38 et 65 programmes de moins que les universités qui desservent, respectivement, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Mauricie. Pendant ce temps, le Cégep de l'Outaouais tarde à obtenir la confirmation du gouvernement Marois que le financement de 22,4 millions$, annoncé en juin dernier par les libéraux pour agrandir les campus, sera maintenu.

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