Seize arrestations en Belgique

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Des soldats et policiers belges patrouillent dans les rues de Bruxelles, le 23 novembre.

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Associated Press
Bruxelles, Belgique

La police en Belgique a mené une série de perquisitions et détenu 16 personnes en lien avec des attaques potentielles dans ce pays, dimanche, mais affirme que le fugitif des attaques de Paris Salah Abdeslam est toujours introuvable.

Le procureur fédéral Éric Van Der Sypt a affirmé que les 22 perquisitions - dont 19 dans la région de Bruxelles et trois à Charleroi - n'avaient pas mené à la découverte d'armes à feu ou d'explosifs. L'une des personnes détenues a été blessée lorsqu'une voiture dans laquelle il prenait place a tenté de happer la police durant une tentative de fuite.

La situation était tendue, dimanche soir, dans un large secteur autour de la Grand-Place, avec un important contingent policier procédant à des perquisitions. Les forces de sécurité avaient fermé certaines rues et demandaient aux gens de rester à l'écart.

Avec au moins un suspect des attentats de Paris en cavale et des menaces de répliques violentes, la Belgique a haussé samedi au niveau maximal de 4 son état d'alerte à Bruxelles, ce qui signifie une «menace sérieuse et imminente».

La police française a fait un nouvel appel à témoins dans le but d'identifier le troisième homme impliqué dans les attaques au Stade de France à Paris le 13 novembre. La police a publié, dimanche, sur Twitter, la photo de cet homme, appelant le public à fournir de l'information pouvant aider à l'identifier. Cet homme figure parmi les trois suspects morts dans les attaques à l'extérieur du stade.

À Bruxelles, les autorités ont recommandé à la population d'éviter les rassemblements, les lieux commerciaux, les gares. Elles ont aussi recommandé que les compétitions sportives et activités dans les édifices publics soient annulées, et que les centres commerciaux ferment.

Avant le début de la rencontre de sécurité de dimanche soir, le vice-président belge, Kris Peeters, a affirmé qu'il fallait prendre des décisions pour éviter que Bruxelles devienne «une ville vide».

La tension et les inquiétudes sont vives en Europe, un peu plus d'une semaine avec la tragédie de Paris, qui a fait 130 morts. La France a prolongé l'état d'urgence de trois mois et l'interdiction de manifester et de se rassembler sur la voie publique jusqu'au 30 novembre.

Plusieurs personnes soupçonnées d'être liées aux attaques de Paris seraient toujours en liberté, selon le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon. Aussi la menace ne serait-elle pas complètement écartée si Salah Abdeslam, un suspect activement recherché, était retrouvé.

D'ailleurs le frère de Salah Abdeslam, en entrevue à la télévision belge RTBF, l'a encouragé à se livrer aux autorités. Mohamed Abdeslam a affirmé qu'il souhaitait voir son frère «en prison plutôt qu'au cimetière».

Le troisième frère de la famille, Brahim, s'est fait exploser dans les attentats de Paris, le 13 novembre. Salah a pris la fuite. Il a réussi à traverser la frontière belge, mais les autorités n'ont pas réussi à l'arrêter et croient qu'il est en Belgique.

Mohamed Abdeslam, qui a exprimé sa lassitude quant au fait de voir des journalistes sonner chez lui tous les jours, s'est dit convaincu que Salah n'avait tué personne.

Les trois frères vivaient ensemble et étaient proches, selon lui. Il avait remarqué de «légers changements» chez eux au cours des six derniers mois, mais «pas forcément radicaux». Ils avaient commencé à prier et cessé de boire de l'alcool, ce qui peut simplement témoigner d'un désir de s'assagir et d'être «plus respectueux dans leur religion», a fait valoir M. Abdeslam.

Sinon, il n'avait rien remarqué de suspect. «Moi j'ai l'intime conviction que mes frères n'ont pas été radicalisés, c'est la raison pour laquelle on n'a rien vu, j'ai plutôt l'impression qu'ils ont été manipulés», a affirmé celui qui ignorait que Salah était surveillé par la sûreté de l'État et que Brahim avait tenté de s'introduire en Syrie.

Le maire d'une des communes de Bruxelles, Schaerbeek, a rapporté à des médias belges avoir appris de la bouche du premier ministre que la capitale était toujours devant une grave menace.

«Il y a deux terroristes sur le terrain de la région bruxelloise qui pourraient être amenés à poser des actes très dangereux», a déclaré Bernard Clerfayt à RTBF-Radio.

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