Frappe antiterroriste près de Paris: 25 arrestations

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L'opération nocturne a pris de court les résidants, qui ont été réveillés par une explosion vers 4h, heure de France.

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Associated Press

SAINT-DENIS, France - L'opération policière antiterroriste lancée mercredi, à Paris, qui visait à attraper celui qui aurait orchestré les attentats tragiques de vendredi dernier, a mené à l'arrestation de 25 personnes et à la saisie 34 armes, a annoncé le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve.

L'intervention déclenchée avant l'aube, à Saint-Denis, dans le nord de Paris, avait pour objectif de retrouver Abdelhamid Abaaoud, un Belge associé au groupe armé État islamique, qui serait l'un des cerveaux des attaques dans la capitale française qui ont fait 129 morts et plus de 360 blessés.

Dans une brève rencontre de presse plus tôt, mercredi, François Molins, procureur de la République de Paris, a refusé de dire si ce suspect faisait partie des personnes arrêtées au terme de l'intervention, qui aura duré sept heures.

Abdelhamid Abaaoud aurait été localisé grâce à des surveillances et à des écoutes électroniques. Les autorités croyaient qu'il se trouvait dans l'appartement avec cinq hommes lourdement armés lorsque l'opération policière a commencé, selon une source policière qui a requis l'anonymat.

Depuis vendredi, en vertu de l'état d'urgence décrété, la police a effectué 414 perquisitions et 60 arrestations, tout en saisissant 75 armes. En plus des arrestations, 118 personnes ont été assignées à résidence.

Deux personnes ont péri lors de l'opération de mercredi, dont une femme qui a déclenché la bombe qu'elle portait au moment où les policiers sont entrés dans l'immeuble résidentiel. On ignore son identité de même que celle d'un autre homme qui est mort «heurté par des projectiles et des grenades», selon M. Molins. Quatre policiers ont aussi été blessés légèrement, selon un représentant de la police.

Trois individus qui étaient dans l'appartement lors de la descente ont été arrêtés, et deux autres qui tentaient de se cacher dans les décombres ont également été interceptés.

Les autorités ont arrêté deux autres personnes, dont celui qui avait prêté l'appartement aux suspects, Jawad Bendaoud. L'homme a dit au réseau de télévision français BFMTV qu'il ne faisait que rendre un service à un ami, qui lui avait demandé «d'héberger ses deux potes pour quelques jours».

«On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service, je n'étais pas au courant que c'était des terroristes», a-t-il affirmé en se faisant passer les menottes par les policiers.

Lors de son point de presse en début de journée, le procureur de Paris n'avait pas précisé si des suspects étaient toujours en cavale.

Après la fin de l'opération des policiers dans l'appartement, ceux-ci ont poursuivi des fouilles dans les environs de l'immeuble, notamment dans une église. Les policiers vont également examiner au peigne fin l'appartement où se trouvaient les suspects.

Le ministre Bernard Cazeneuve a remercié les policiers pour leur travail et les résidants du secteur pour leur collaboration - un long confinement à domicile leur a été imposé pendant le déploiement policier.

L'opération nocturne a pris de court les résidants, qui ont été réveillés par une explosion vers 4 h, heure de France. Selon Baptiste Marie, un journaliste indépendant qui habite le quartier, il s'en est suivi une seconde explosion et un échange de coups de feu, qui a duré une heure.

Les coups de feu se sont poursuivis sporadiquement pendant la nuit, et vers 7 h 30, au moins sept explosions ont retenti dans le quartier. Des journalistes de l'Associated Press qui étaient sur place ont pu entendre ce qui semblait être des grenades.

Sept assaillants qui ont joué un rôle dans les attentats de vendredi dernier à plusieurs endroits de la capitale française sont morts, mais la police recherchait toujours deux suspects en fuite avant l'opération de la nuit dernière.

Les autorités françaises - et européennes - ont les nerfs à vif seulement quatre jours après les attaques. Deux vols d'Air France qui quittaient les États-Unis pour se rendre à Paris ont dévié de leur chemin, mardi soir, après avoir été visés par des menaces anonymes, qui se sont finalement révélées fausses. Les deux avions, qui ont dû atterrir à Salt Lake City et Halifax, ont pu poursuivre leur chemin après avoir été inspectés.

Par ailleurs, les autorités françaises ont annoncé qu'elles étaient parvenues à identifier les 129 victimes des attentats de vendredi dernier. Plus d'une centaine de familles sont venues confirmer l'identité de leurs proches.

La ministre de la Santé a annoncé que 195 personnes blessées étaient toujours hospitalisées, dont 41 sont en soins intensifs et trois sont dans un état critique. La ministre de la Justice a par ailleurs indiqué que le nombre de blessés avait grimpé de 352 à 368.

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