La France veut juguler le trafic d'art de l'ÉI

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Le siège de l'UNESCO à Paris

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Antoine Froidefond
Agence France-Presse
PARIS

Quatre jours après les attentats de Paris, François Hollande a ouvert mardi un nouveau pan de la lutte contre le groupe État islamique en annonçant des mesures contre le trafic d'oeuvres d'art massivement pratiqué par les jihadistes pour se financer.

«En ce moment même, l'organisation terroriste Daech (NDLR: acronyme arabe de l'ÉI) délivre des permis de fouille, prélève des taxes sur les biens qui vont ensuite alimenter le marché noir mondial, transitant par des ports francs qui sont des havres pour le recel et le blanchiment, y compris en Europe», a lancé le président français devant la 70e conférence générale de l'Unesco.

Face à ces pratiques, la France va instaurer un «droit d'asile» pour les oeuvres d'art menacées provenant en particulier de Syrie et d'Irak.

Cette décision s'appuie sur les recommandations d'un rapport commandé au président du musée parisien du Louvre après les destructions commises par l'ÉI dans la cité antique de Palmyre.

L'Arc de triomphe, situé à l'entrée de la... (Archives AFP) - image 2.0

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L'Arc de triomphe, situé à l'entrée de la célèbre rue à colonnades du site historique, «était une icône de Palmyre».

Archives AFP

Pour «empêcher que les oeuvres transportées puissent tomber entre les mains des terroristes», les biens culturels menacés pourront ainsi trouver refuge dans les musées français.

Parmi les mesures préconisées par la direction du Louvre, François Hollande a retenu la mise en place d'un «contrôle douanier à l'importation de biens culturels». En outre, la France «intégrera dans son droit les résolutions du Conseil de sécurité (des Nations unies) interdisant le transport, le transit, le commerce du patrimoine culturel mobilier ayant quitté illégalement certains pays».

«Nous devons éliminer les paradis du recel dans le monde», a affirmé le président français.

Liste noire

Ces «paradis du recel» pourraient figurer dans une liste noire élaborée «sous la responsabilité de l'Unesco», a-t-il estimé.

Autre objectif du gouvernement, une «meilleure harmonisation» du droit européen, notamment en matière de recel. «En France, on peut dénoncer le recel sans limite de temps, alors que dans beaucoup de pays, comme la Belgique, il y a la règle de l'instantanéité», a précisé Jean-Luc Martinez, le patron du Louvre, à l'AFP.

«Ces distorsions dans le droit européen sont autant de mailles du filet dans lesquelles s'engouffrent les trafiquants», a-t-il ajouté.

Au cours des derniers mois, plusieurs monuments emblématiques de Palmyre, cité inscrite au patrimoine de l'Humanité, ont été détruits par l'ÉI: la statue du Lion d'Athéna, de plus de trois mètres de haut, en juillet, les temples de Bêl et Baalshamin, rasés à coups d'explosifs en août, et le célèbre Arc de triomphe en octobre.

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