74 - La tempête du siècle s'abat sur le Québec

Le 4 mars 1971, en l'espace de sept... (Archives, La Presse)

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Le 4 mars 1971, en l'espace de sept heures, pas moins de 42 centimètres de neige tombent sur le Québec. Montréal est la plus touchée.

Archives, La Presse

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Hugues Théorêt
Le Droit

C'est le genre de jour qu'on n'oublie pas. Le 4 mars 1971, tout le Québec se réveille sous un épais manteau de neige. Le lendemain, LeDroit titre: «État d'urgence décrété au Québec». Ironiquement, une publicité de l'Office du tourisme de l'Outaouais pour informer les lecteurs sur les conditions d'enneigement sur les pentes de ski de la région apparaît tout juste en haut de la manchette. Était-ce volontaire de leur part? Quoi qu'il en soit, seuls les skieurs ont de quoi se réjouir, car des millions de Québécois s'apprêtent à vivre la pire tempête hivernale du dernier siècle. En l'espace de septheures, pas moins de 42 centimètres de neige tombent sur le Québec. Montréal est la plus touchée. Des vents soufflant jusqu'à 110 km/h brisent les poteaux électriques, privant de courant certains secteurs pendant dix jours. Les bancs de neige s'élèvent jusqu'au deuxième étage des maisons. La tempête tue 17 personnes qui succombent pour la plupart à des crises cardiaques.

La violente tempête force le ministre de la Voirie, M.Bernard Pinard, à décréter l'état d'urgence sur toute l'étendue du territoire. «Les quelque 19 pouces de neige qui sont tombés sur la ville de Montréal, jeudi, ont permis d'abaisser un record vieux de 25 ans. En effet, depuis le début de l'hiver, il est tombé 141 pouces, alors qu'en 1946, il en était tombé 138,7 pouces», écrit LeDroit.

Toutes les villes importantes du Québec ont eu à souffrir des caprices de dame Nature. Dans l'Outaouais, la tempête n'a pas trop frappé dur, sauf dans le secteur de Luskville où, comme le signalait un agent du détachement de Hull de la Sûreté du Québec, il ne suffit que d'une petite tempête pour que tout bloque. «En effet, ce secteur de la route 8 étant tout particulièrement exposé aux bourrasques, se remplit à tout coup à la moindre tempête. Cette fois, contrairement à la dernière, cependant, les bancs de neige obstruant la route ont été moins élevés. Ils n'ont pas atteint 10 ou 12 pieds de hauteur, mais entre quatre et cinq pieds. Il va sans dire qu'il ne s'agissait que d'îlots de neige, concentrés sur une distance d'un demi-mille, qu'une charrue du ministère de la Voirie a, à quelques reprises, déblayés assez facilement», indique LeDroit. Selon la SQ de Hull, il semble qu'aucun automobiliste ne s'y soit butté. Bref, à part ce secteur névralgique qui a demandé une attention particulière, la route n'a jamais été bloquée et bien qu'à certains endroits la visibilité fût nulle, les usagers de la route ont pu circuler à des vitesses modérées.

Des municipalités de l'Outaouais, Aylmer et Lucerne ont sans doute été les plus touchées par la tempête, quoique très légèrement, somme toute. La sûreté municipale de l'endroit a signalé l'enlisement de trois autobus scolaire bondés d'enfants. Il a fallu faire appel aux motoneigistes du secteur immédiat pour les évacuer. «Pour plusieurs d'entre eux, c'était peut-être la première fois qu'ils avaient l'occasion de monter l'un de ces engins. Aussi, cette mésaventure se serait-elle déroulée non sans un certain plaisir, pour ne pas écrire un plaisir certain», conclut l'article du Droit.

Détenteur d'une maîtrise en histoire de l'Université d'Ottawa, Hugues Théorêt a collaboré à plusieurs publications. Il signe régulièrement des textes dans la revue historique régionale Hier encore où il agit à titre de rédacteur en chef.

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