Politiciens au bord de la crise de nerfs

Partager

Depuis que je suis de près la politique gatinoise et la carrière de Marc Bureau, je me dis qu'un jour, il va péter une coche. Il a toujours su garder son calme. Parfois on le sent sur le bord de la crise de nerf, du poing sur la table, à défaut de la claque sur la gueule, mais c'est tellement contre nature qu'il réussit toujours à maîtriser ses émotions.

Jusqu'à mardi dernier en caucus préparatoire...

Vous connaissez probablement la chanson de Cole Porter rendue célèbre par Frank Sinatra: I've Got You Under My Skin (Je t'ai dans la peau). Mardi, lors du caucus préparatoire, le chef intérimaire d'Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a trouvé une fois de plus la façon d'indisposer le maire Bureau au point où il est sorti de ses gonds et de sa réserve habituelle de président d'assemblée. Il doit lui rentrer dans la peau, comme le chantait Sinatra, car j'ai l'impression que ces deux-là vont se retrouver à l'automne 2013. Sauf que...

Les hostilités

C'est sur la question des données ouvertes et, à un moindre degré, sur la création d'une Corporation des marchés publics, que les hostilités se sont déroulées. En présentant séance tenante deux résolutions sur la création d'une Corporation des marchés publics et de la publication des données sur les contrats publics depuis 2002 en données libres, les conseillers Stefan Psenak (Aylmer) et Pedneaud-Jobin ont amené les débats sur leur terrain de prédilection.

Sur la création d'une Corporation des marchés publics, on a convenu d'en laisser l'analyse et l'évaluation au comité consultatif agricole composé des conseillers Yvon Boucher (Rivière-Blanche), Sylvie Goneau (Bellevue) et André Laframboise (Deschênes). Tout le monde est pour la vertu et en faveur des marchés publics. La question est de savoir si on ne va pas noyer le poisson avec une multiplication de marchés qui risquent tous de vivoter et mourir de leur belle mort. C'est d'ailleurs le conseiller Luc Montreuil (Masson-Angers) qui a ramené tout le monde sur terre en rappelant certaines réalités du «marché des marchés» comme les pressions sur les producteurs locaux et le risque d'en faire des lieux de reventes qui ne pourront pas concurrencer les grandes surfaces.

J'ai également noté une sortie d'anthologie de Denise Laferrière (Hull-Val-Tétreau) qui, dans une envolée dont elle seule a le secret, nous a parlé des bienfaits de la transformation, de la tomate, à la sauce et au chutney comme facteur de succès d'un marché... sinon on va se «planter».

L'escarmouche

Dans le département de la vertu et de la tarte aux pommes, tout le monde appuie le principe que les administrations publiques mettent en ligne de plus en plus de données à la disposition des citoyens.

C'est dans cet esprit que le chef d'Action-Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a voulu que Gatineau mette en ligne les données sur les contrats de plus de 25000$ depuis 2002. Ceux depuis 2011 le sont déjà.

Les arguments du conseiller de Buckingham se tiennent. Soyons plus propres que propres. Rendons tout public. Ainsi ceux qui voudront faire de l'analyse et des recoupements pourront le faire à leur guise. Cela représente un outil très puissant et, en même temps, on lutte contre la collusion. Il sait très bien que, ce faisant, il alimente la controverse.

Corruption? Ici?

Le maire Bureau ne l'entend pas ainsi. Je conviens avec lui que c'est coûteux mais ce n'est pas impossible. Or, le maire interprète la démarche du conseiller Pedneaud-Jobin comme un immense sous-entendu sur la collusion. En martelant la table, il a accusé: «Vous laissez sous-entendre qu'à Gatineau, il y a de la corruption.» Il était vraiment furieux au point où je me demandais s'il n'allait pas annoncer sa candidature aux élections de 2013 pour en découdre avec le chef d'Action-Gatineau. D'ailleurs, les conseillers Alain Riel, Maxime Tremblay et Denis Tassé ne se sont pas gênés pour continuer la job de bras, de quoi alimenter la chronique pour les mois à venir. Ça sentait le soufre!

En soirée, au conseil, les conseillers Montreuil et Tassé (Touraine) en ont d'ailleurs remis lors des déclarations des conseillers en faisant leur acte de foi sur l'intégrité de la gestion gatinoise et l'inutilité des partis politiques.

Dans un climat idéal, la proposition du conseiller de Buckingham sur la mise en ligne des données sur les contrats aurait facilement trouvé preneur. Dans le climat présent, ce fut une autre occasion d'empoignade.

Que d'ambiance

Au conseil municipal, Luc Angers (Pointe-Gatineau), pour ne pas être en reste, a organisé une série d'interventions de citoyens intéressés par le dossier des Municipalités amie des aînés (MADA) qui n'a pas reçu de financement dans le budget municipal bientôt adopté. La manoeuvre du conseiller était évidente. Faire intervenir les citoyens pour renforcer son point même s'il est trop tard pour changer d'idée et qu'il a lui-même un peu à blâmer. En effet, le dossier MADA n'a pas encore de plan d'action et le conseiller Angers était absent lors des discussions sur ce point du budget. En soirée, il a même failli se crêper le chignon avec son collègue Stéphane Lauzon (Lac-Beauchamp).

Les prochains mois nous réservent bien des empoignades car l'allure des débats n'annonce rien de bon. Isolés, les conseillers Psenak et Pedneaud-Jobin risquent de trouver le temps long. Au moins ils ont réussi à faire chanter Marc Bureau, I've Got You Under My Skin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer