Un budget d'un demi-milliard $

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Franchement, je suis déçu. Je comptais sur les trois jours de débats sur le budget 2013 de la Ville de Gatineau pour découvrir de juteuses petites controverses et alimenter ma chronique. L'an dernier, nous avions eu droit à d'interminables débats sur les couches lavables. Pendant que déboulaient les millions, nos conseillers argumentaient sur les mérites d'un programme, somme toute, mineur pour aider les familles dans le besoin à adopter des couches lavables plutôt que jetables. Le programme est toujours en vigueur et 150 familles en ont profité.

Cette année, je croyais que le conseiller Luc Angers (Pointe-Gatineau) prendrait la pôle. Je croyais même que ce budget 2013 porterait le sceau de l'allaitement maternel dans les lieux publics ou du thème de «Municipalité amie des aînés» ou MADA à titre de président de la Commission sur les aînés.

Or, il n'en fut rien. D'abord, les discussions ont duré deux jours plutôt que trois. De plus, le conseiller Angers était absent des délibérations lors des débats du deuxième jour pour assister à un colloque à Drummondville sur les MADA. Il s'en est fait passer une petite vite puisque, à son retour, les débats étaient terminés. Pas content, il a affirmé qu'il voterait contre le budget. Voter contre un budget de 521 millions$ pour une question de 100 000 $. Du Angers tout craché. Au moins, il est fidèle à ses principes.

Des pinottes

Pour sa part, le chef intérimaire du parti Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin (Buckingham), ne s'est pas fait d'amis autour de la table du conseil. Tout cela pour une question d'interprétation sur l'utilisation, ou non, de «fonds de tiroir» de 800 000 $ en développement social et de 400 000 $ en habitation. Sur un budget de 521 millions$, convenons que ce sont des «pinottes». Pour les organismes visés, c'est énorme.

Les services municipaux soulignent que ces sommes inutilisées iront financer d'autres programmes. Le conseiller de Buckingham ne l'interprète pas ainsi. Il considère ces réaffectations de sommes associées à des politiques et plans d'action comme des compressions déguisées. Il en a même alerté la Table régionale des organismes communautaires autonome de l'Outaouais, geste interprété comme de la zizanie par le conseiller Alain Riel (Deschênes).

Il s'est aussi fait rabrouer par la conseillère Nicole Champagne (Limbour).

Faut pas charrier

«Nous, ce qu'on fait, c'est de la politique», a déclaré le conseiller Pedneaud-Jobin. Et comment! Disons qu'il ne s'est pas fait d'amis autour de la table et que ses chances de faire passer son concept de colistier est mort dans l'oeuf. «On défend des idées et on a des alliés qui défendent les mêmes idées que nous dans ce dossier (...) On fait appel à des gens qui vont nous aider à empêcher la ville de faire une erreur.»

Cette déclaration est fondamentale pour expliquer et comprendre la racine-même de l'implication de Pedneaud-Jobin en politique. On peut ne pas être d'accord, mais on ne peut lui reprocher de croire en ses principes et de les véhiculer. Cela n'en fait pas pour autant un ennemi de l'administration municipale. Faudrait quand même pas charrier.

Si c'est rendu qu'on ne peut pas avoir de débats sereins lorsqu'on discute d'un budget d'un demi-milliard$, je crois sincèrement qu'on fait fausse route. Bien sûr, il y aura toujours la manière, mais cela n'empêche pas de discuter et d'essayer de réconcilier des vues divergentes.

L'accent des uns sur les infrastructures et des autres sur les politiques sociales sont exactement le genre de débat qu'on doit avoir lors des discussions sur un budget.

Les champions

Je ne vous cacherai pas que j'ai le plus grand respect pour deux fonctionnaires municipaux, Michel Tremblay, directeur général adjoint, Administration et finances, et André Barbeau, directeur et trésorier, Service des finances. Leur maîtrise du processus budgétaire est remarquable et ils représentent la meilleure caution de l'intégrité administrative de la Ville de Gatineau.

La présentation de mardi dernier par André Barbeau sur le service de la dette à la charge générale en était un bel exemple. Il est vrai qu'une dette d'un demi-milliard$ pour une ville dont le budget est d'un demi milliard$ a de quoi empêcher de dormir.

Or, il nous a présenté quatre indicateurs dont la tendance démontre que ce n'est pas si inquiétant qu'il n'y paraît. Ainsi la dette par citoyen s'est stabilisée depuis trois ans autour de 1937$; la dette sur la richesse foncière uniformisée est en baisse depuis la fusion de 2002; le service de la dette sur le budget total est passé de 23% à la fusion de 2002 à 12% en 2013; enfin, le total de la dette sur les revenus totaux est en baisse à 99%. On vise à moyen terme à réduire ce ratio à 0,80, ce qui implique quand même de réduire la dette de près de 100 millions$. Ces données nous démontrent que, dans l'ensemble, Gatineau est en bonne santé financière.

Langue de bois

J'ai déniché cette perle de la langue de bois dans les documents en appui au budget. Dans le Plan de gestion des arbres et de boisés, nous avons eu droit à la phrase suivante: «Augmentation de l'efficacité et de l'efficience par l'optimisation de la planification, de l'ordonnancement et de l'exécution des opérations du Service des travaux publics.» Une traduction s'impose.

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