Haute définition et fluides corporels

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Comme j'ai dû relever certains défis au cours des derniers mois, j'ai fait impasse sur les grands dossiers de l'heure à Gatineau. Cela ne m'a pas empêché de suivre l'actualité municipale et d'alimenter mon étonnement. Plus ça change, plus c'est pareil !

Gatineau a fait grand bond technologique au cours de l'été en confiant la web diffusion à la firme Productions Québec Multimedia. Et quel progrès ! Imaginez que nos politiciens municipaux sont maintenant en haute définition. Ce qui pourrait donner lieu à de mauvais jeux de mots. Si bien qu'avec la recommandation de mon avocat, je m'en abstiendrai. Notons que la haute définition nous a donné une scène assez cocasse lorsqu'on a vu apparaître dans l'image les jambes poilues d'un caméraman.

Capitale du web 2.0

Et comme nous sommes dans le domaine de la technologie, l'établissement d'un portail municipal de données libres fait son chemin dans l'administration municipale. Le mouvement des données libres auquel adhèrent plusieurs villes en Amérique du nord a vu le jour en 2007. J'en ai déjà parlé. Il permet la réutilisation à différentes fins des données publiques et l'interaction entre une administration et les citoyens grâce aux technologies de l'information. En résumé, les villes mettent les informations à la disposition des citoyens qui, par exemple, peuvent en faire des applications pour les téléphones intelligents. Gatineau embarque dans le mouvement et c'est très bien ainsi.

Ce n'est donc pas pour rien que Gatineau est la capitale du web 2.0. L'Atlas des municipalités québécoises sur le web 2.0, réalisé par la firme de design MissPixels et le studio Hubrid, conclut que Gatineau « n'a pas seulement bâti la plus grande communauté Facebook des 50 municipalités étudiées, elle se démarque par ses initiatives telles que le service d'alerte par messagerie texte, un site web conçu pour les appareils mobiles, ainsi qu'une gestion exemplaire de la conversation avec le public. »

Bas les couteaux !

Malheureusement, la technologie ne peut pas tout faire. Elle ne se substitue pas au bon jugement, à la caricature et à la petite politique. À un an des prochaines élections, nos élus sont sur le sentier de guerre qu'ils empruntent avec enthousiasme et abandon. Je me suis même laissé dire qu'un conseiller veut casser la gueule à un autre. Heureusement pour les coeurs attendris, le sang n'a pas encore coulé.

L'arrivée d'Action Gatineau n'est pas étrangère à ce climat de suspicion et d'embuscade qui a présentement cours autour de la table du conseil. Alimentés par les révélations de la commission Charbonneau, les échanges volent bas. On a entendu le conseiller Maxime Tremblay viser Maxime Pedneaud- Jobin en plein conseil du 30 octobre : « Moi, j'envoie toutes mes affaires en français. Il y a d'autres conseillers qui décident de faire des rencontres unilingues anglophones. Ce serait le fun qu'Impératif français se penche là-dessus. »

Accuser le conseiller de Buckingham de faire des rencontres anglaises avec ses citoyens, c'est comme accuser le pape de dire la messe en latin

Le comité plénier de mardi dernier s'est vite transformé en foire d'empoigne. La « job de bras » avait été bien préparée par le camp du maire. On aurait pu découper l'atmosphère au couteau. Le maire arrivait mal à cacher son exaspération à l'endroit du chef d'Action Gatineau et son énervement à l'endroit de la conseillère Sylvie Goneau qui garde un appétit vorace pour les caméras et les micros. Il s'en est suivi un chassé- croisé d'allégations à peine voilées, de missiles téléguidés et d'attaques frontales devant lesquels les fonctionnaires ont tenté de maintenir un semblant d'objectivité. Plus que 359 jours avant les élections.

Fluides corporels

La semaine prochaine, s'amorcent les discussions publiques sur le budget 2013. Pour que l'ambiance demeure décontractée, le thème central du budget de 500 millions $ sera celui de l'allaitement maternel dans les lieux publics. L'an dernier, les couches lavables ont accaparé leur part des débats. Au juste, combien cela nous a-t-il coûté ?

Cette année, le conseiller Luc Angers mènera avec l'entêtement qu'on lui connaît la bataille de l'allaitement maternel dans les lieux publics. Pour relever le débat, la conseillère Nicole Champagne entend reprendre la leçon sur les fluides corporels, comme le lait et l'urine, dans les piscines de la ville. Lors du caucus préparatoire, nous avons appris que la conseillère de Limbour ne s'était pas baignée dans le lait comme Cléopâtre. Littéralement, on nage dans l'absurde et le bizarre. Je commence à croire que, pour se lancer en politique, il faut perdre toute inhibition, à défaut de jugement.

Bonnet d'âne

Gatineau a coiffé le bonnet d'âne en décrochant une 97e place sur 103 villes canadiennes pour la « facilité » d'y faire des affaires selon un sondage de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante sur l'environnement entrepreneurial. La raison ? La réglementation municipale, son application et son inflexibilité. Or, qu'importe la méthodologie ou la faiblesse de l'échantillon, elles sont les mêmes pour toutes les villes. Plutôt que de tirer sur le messager, il est préférable d'en tirer des leçons. C'est beaucoup plus utile que de s'enfermer dans le déni.

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