C'est parti pour Gatineau

Pierre Bergeron
Le Droit

Demain matin, un nouveau parti municipal verra le jour. L'assemblée de fondation se tient à l'école secondaire du Versant. L'idée mûrit depuis un bon moment. Il est temps d'aller la tester devant l'opinion publique et d'en faire un vecteur de changement pour l'avenir de Gatineau.

Je n'ouvrirai pas les gageures sur le nom du futur parti. Entre Renouveau gatinois, Action Gatineau ou Vision Gatineau, je n'ai pas de préférence marquée, bien que je préfère sémantiquement que Gatineau, plutôt que l'adjectif gatinois, soit intégré au nom du parti. Ce qui fait vraiment la différence, ce n'est pas tant le nom du parti que le chef, d'abord, et l'équipe qu'il dirigera. On aura beau affirmer que le programme est important et qu'il fait une différence, je n'en crois pas une miette. Ce sont les personnes, leur vision et leur capacité d'incarner le changement qui portent les aspirations d'un parti. Les meilleurs programmes ne font pas le poids s'ils ne sont pas portés par des élus.

Bien sûr, la création d'un parti créera une nouvelle dynamique politique à Gatineau et un certain réalignement des allégeances. Il ne faut pas trop se faire d'illusion sur les convictions politiques qui s'expriment autour de la table du conseil. La plupart des élus opèrent dans le centre avec une légère tendance vers la gauche ou la droite... du centre. Personne n'aurait de difficulté à signer le manifeste du nouveau parti. Plus ou moins centralisateur, plus ou moins interventionniste, plus ou moins anciennes villes, plus ou moins généraliste. Et je suis convaincu que le maire Marc Bureau et son équipe ne laisseront pas toute la place au nouveau parti. Il y aura enfin les agents libres qui pourraient marchander leur allégeance, comme c'est le cas dans toutes les instances démocratiques.

On verra bien dans quelle mesure le nouveau parti réussira à rallier les visions, les intérêts, les enthousiasmes, les idées, les choix et les insatisfactions et les visions autour de lui. Il n'opérera cependant pas dans le vide politique. Il faudra «prendre parti» et cela ne se fera pas demain à l'école secondaire du Versant. Gageons qu'il y aura beaucoup d'observateurs. C'est en effet demain que se jouera la meilleure chance de créer un parti politique municipal à Gatineau.

»Mangeurs de colle»

J'ai beaucoup de respect pour Denise Laferrière, la conseillère de Hull-Val-Tétreau. Parfois elle me fait hérisser le poil sur les bras avec ses déclarations intempestives et mal avisées, mais elle ne souffre pas de la langue de bois. Elle fait incontestablement partie du premier trio des conseillers qui provoquent et font avancer les choses. Marc Bureau peut compter sur elle.

Mardi dernier, au comité plénier, j'aurais bien aimé qu'elle force le débat sur le stationnement hivernal au centre-ville et qu'elle bouscule un peu les fonctionnaires qui sont en train d'ériger l'indécision en système sur cette question épineuse.

Sans faire la genèse du problème, Denise Laferrière résume: «Il y a deux catégories de citoyens, ceux qui ont le droit de stationner dans leur rue l'hiver parce qu'ils avaient ce privilège dans les ex-villes. Et les autres, on leur dit: Mangez de la colle.» Stationnement parlant, les chanceux profitent de droits acquis d'avant la fusion sur la rue des Jonquilles, des Hautes-Plaines et du secteur Aylmer. Ils peuvent stationner la nuit dans la rue tant qu'il n'y a pas de précipitations de plus de 5 cm.

Je me rappelle que le problème avait été soulevé par un citoyen, résident du secteur Hull, lors d'une réunion du conseil à Aylmer... il y a deux ans. Si ma mémoire est fidèle, il avait stationné sa voiture dans le parking municipal et elle avait été endommagée. Il avait alors demandé pourquoi on ne permettait pas le stationnement de nuit dans les rues, comme à Ottawa, s'il n'y a pas de précipitation annoncée de 7 cm ou plus. Ainsi les automobilistes d'Ottawa peuvent vivre avec deux cm de plus qu'à Gatineau. Cherchez l'erreur. Il me semble que ce n'est pas compliqué. C'est la responsabilité du citoyen de déplacer sa voiture, sinon elle sera remorquée.

Simple... stratégie

Tout est simple... jusqu'à ce que les fonctionnaires s'en mêlent et qu'ils appellent cela une «stratégie municipale de gestion intégrée du stationnement».

Et comme disait si bien Denise Laferrière: «Je ne suis pas fonctionnaire à la Ville de Gatineau, je ne suis qu'une élue qui demande aux fonctionnaires». Lors du plénier, la conseillère a mis ses gants blancs pour demander respectueusement qu'on règle cette question. Elle s'est fait servir une «non-réponse» d'anthologie par la directrice du service de l'urbanisme et du développement durable, Marie-Claude Martel. Je comprends cette dernière de ne pas trop vouloir s'avancer. Par contre, quand elle allègue comme raison que la personne responsable s'en va pour un congé de six mois, je trouve cela un peu mince comme excuse.

Comme élue, ce que Denise Laferrière aurait pu faire, c'est de forcer un vote sur la question pour que les conseillers se mouillent plutôt que de laisser les fonctionnaires temporiser. Je ne crois pas une minute quand on allègue que l'information aux citoyens est un obstacle quand on attend des précipitations de plus de 5 cm. Franchement, on nous prend... pour des «mangeurs de colle.» Au bout du compte, c'est le citoyen qui est responsable de son «char».

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