Le cordon du sans fil

Pierre Bergeron
Le Droit

Ontario présentera un projet de loi pour simplifier la vie des abonnés à la téléphonie sans fil qui désirent couper le cordon avec leur fournisseur. Cette intention est non seulement louable, elle s'impose.

Le gouvernement McGuinty obligerait les fournisseurs de téléphonie sans fil à plafonner les frais de résiliation à 50 $, à simplifier le langage de leur contrat, en divulguer les modalités sans ambiguïté et à adopter leurs messages publicitaires pour refléter les coûts réels de la résiliation.

Si les gouvernements québécois, manitobain et, maintenant, ontarien, interviennent ainsi, c'est parce que la situation est intolérable et que le Conseil de la radiodiffusion et de télécommunications canadiennes (CRTC) refuse d'intervenir pour uniformiser les règles de résiliation à la grandeur du Canada. Le CRTC dit vouloir laisser le marché s'auto-réglementer. Ce qui n'est malheureusement pas le cas et qui oblige certaines provinces comme l'Ontario à intervenir.

À cet effet, les commentaires du pdg de l'Association canadienne des télécommunications sans fil, Bernard Lord, sont intolérables et regrettables. Il n'a trouvé mieux comme parade au projet ontarien que de brandir la menace des coûts liés à l'application de la loi, de l'adaptation de l'industrie à des règles différentes et du pelletage des coûts aux consommateurs. Cette attitude corporatiste confirme nos pires appréhensions sur le comportement d'une industrie regroupée en oligopole et qui a largement profité de son marché captif pour imposer ses conditions et ses menottes aux consommateurs. Que ces derniers se rebiffent par la voie de leurs gouvernements n'est que le juste retour du balancier.

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