Car l'eau n'apparaît et ne disparaît pas comme par magie, dans nos habitations, nos entreprises, nos parcs ou nos institutions. Elle doit être pompée, traitée, distribuée et nettoyée. Elle est une commodité de grande valeur, un bien commun à respecter et à préserver, et dont l'utilisation abusive ou inconsidérée est un gaspillage comme un autre. Sa qualité est un indicateur fiable de notre qualité de vie. Elle représente un coût d'exploitation et de production de plusieurs millions dans le budget municipal et des investissements significatifs dans le Plan triennal d'investissement (PTI). Comme j'écris une chronique hebdomadaire, je ne demanderai pas par la loi d'accès à l'information ce que l'eau nous coûte à Gatineau de son entrée à sa sortie dans la rivière des Outaouais.
Premier bilan
Cette semaine, Louise Lavoie, directrice du Service de l'environnement, présentait le premier bilan annuel de Gatineau dans le cadre de la Stratégie québécoise d'économie d'eau potable et elle avait des nouvelles encourageantes.
Cette stratégie québécoise est ambitieuse: d'ici 2017, réduire de 20% la quantité d'eau distribuée et de 20% l'eau perdue par les fuites. La bonne nouvelle, c'est que Gatineau performe et s'améliore de façon remarquable. En 2006, la ville distribuait 604 litres d'eau potable par citoyen par jour; en 2011, la quantité d'eau distribuée par personne était de 437. Cette économie de 28% est remarquable et Gatineau figure avantageusement dans les municipalités canadiennes.
Des fuites
Par contre, les fuites du réseau demeurent significatives. En effet, nous perdons 30% de l'eau que nous traitons. En 2010-2011, une centaine de fuites ont été réparées, et qui représentaient un gaspillage de 13000 mètres cubes par jour. C'est excellent mais il faut se rappeler que, sous nos pieds et en silence, les pertes d'eau potable à Gatineau sont de 31 mètres cubes par jour par kilomètre (il y a 1140 km de conduites d'eau potable à Gatineau). Donc, il reste encore du travail à faire en particulier dans les secteurs Hull, Aylmer et Buckingham-Masson-Angers où les infrastructures sont plus âgées.
Ces bons résultats ne doivent pas occulter le fait que l'eau coûte cher en production, en exploitation et en investissements. Combien cher? Là est la question. Je ne vous en donnerai pas la réponse car je ne l'ai pas. Par contre, le financement stable de 15 millions$ que Gatineau reçoit du fédéral pour la taxe sur l'essence sera entièrement consacré à la mise à niveau des usines de traitement de l'eau potable et des eaux usées. C'est donc 45 millions$ au cours des trois prochaines années du PTI. Dans le budget des dépenses, les travaux publics consacreront 8,3 millions$ en 2012 à la rubrique «Aqueduc, égout et drainage de surface». Cela ne représente qu'une fraction de ce que l'eau coûte à la Ville de Gatineau, une ville qui pourtant baigne dans l'eau.